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Câbler une salle de visioconférence : le piège des distances USB

Pourquoi une rallonge USB de 3 mu00e8tres fait du00e9crocher une camu00e9ra de salle : le budget de 26 nanosecondes, les cu00e2bles actifs optiques, les extendeurs Cat 6a, le PoE, le mu00e9tru00e9 ru00e9el des chemins de cu00e2bles et les vu00e9rifications de ru00e9ception d'une salle de visioconfu00e9rence.

Guide d’installation — salles de réunion

Câbler une salle de visioconférence : le piège des distances USB

La caméra est excellente, le micro est excellent — et pourtant l’image se coupe dès qu’on branche le portable au bout de la table. Neuf fois sur dix, le coupable n’est ni la caméra ni le logiciel : c’est un câble trop long, acheté au dernier moment. Ce guide explique où s’arrête physiquement l’USBUniversal Serial Bus (bus série universel)Norme de connexion des périphériques informatiques, née en 1996. Sa contrainte la moins connue est temporelle : l'hôte attend la réponse du périphérique dans une fenêtre fixe, ce qui plafonne mécaniquement la longueur des câbles à environ 5 mètres en USB 2.0 et 3 mètres en 5 Gbps., ce qui fonctionne au-delà, et comment câbler une salle sans rouvrir les goulottes six mois plus tard.

Physique du signal

Cinq mètres : là où l’USB s’arrête, et pourquoi aucune marque de câble n’y changera rien

La longueur maximale d’un câble USB n’est pas une précaution commerciale : c’est un budget de temps, en nanosecondes, inscrit dans la norme depuis 2000.

Trois nombres évitent l’essentiel des déconvenues : environ 5 mètres en USB 2.0, 3 mètres en USB 5 Gbps, 1 mètre en USB 10 Gbps. Au-delà, un câble ordinaire — dit « passif » — ne fonctionne plus de façon fiable, et le défaut apparaît sous charge, c’est-à-dire pendant la réunion. Scène classique : la barre de visioconférence est fixée sous l’écran, à 6 mètres du bout de la table, et l’installateur ajoute une rallonge de 3 mètres pour rejoindre le portable de l’intervenant. Pendant les essais, à vide, tout marche. Le jour de la réunion avec le siège, la caméra disparaît deux fois, Windows affiche « périphérique non reconnu », et l’on met la faute sur Teams. Le câble était en cause depuis le premier jour ; il ne se trahissait qu’en charge.

Le mécanisme est temporel, pas électrique. En USB 2.0, l’hôte attend la réponse dans une fenêtre de 1,5 microseconde aller-retour, où doivent tenir le temps de réponse du périphérique, la traversée des concentrateurs et le trajet dans le câble. Il reste alors environ 26 nanosecondes par câble ; comme un signal parcourt un câble de données à 5,2 nanosecondes par mètre, on tombe mécaniquement sur 5 mètres. Ce n’est pas « ça s’affaiblit », c’est « l’hôte considère la commande perdue ». Empiler des concentrateurs aggrave : chaque étage coûte 2,5 microsecondes et jusqu’à 150 millivolts de décalage de masse, la norme plafonnant la chaîne à cinq.

En USB 5 Gbps — l’appellation actuelle de ce qu’on appelle encore USB 3.0 — la contrainte devient électrique : l’atténuation du cuivre grimpe avec la fréquence et la marge fond. L’usage retient 2 à 3 mètres. Au-dessus, on ne perd pas la vidéo d’un coup : la caméra et le pilote négocient un débit plus bas, et un capteur vendu pour du 4K bascule silencieusement en 1080p puis en 720p. À 10 Gbps la limite passive tombe vers 1 mètre ; en USB4 à 40 Gbps, l’USB-IFUSB Implementers ForumOrganisme qui publie les spécifications USB et gère la certification des câbles et des appareils. Il ne fixe plus de longueur maximale par génération : il impose des exigences de performance (atténuation, retard de propagation, diaphonie) que le câble doit tenir quelle que soit sa longueur. recommande de rester sous 0,8 mètre. Plus la fiche est flatteuse, plus le câble doit être court.

Deux nuances. L’USB-IF ne publie plus de longueur maximale officielle : il impose des exigences de performance — atténuation, diaphonie, retard de propagation — que le câble doit tenir quelle que soit sa longueur, si bien que la certification se lit sur la fiche du fabricant et non sur l’emballage, comme l’explique notre guide pour lire une fiche technique sans se faire piéger. Et ces longueurs valent pour un câble seul : un « câble de 3 m » derrière une caméra qui embarque déjà 2 m de cordon fixe fait 5 m de trajet électrique — d’où ces pannes qui suivent un simple déplacement de meuble.

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1,5 µsBudget aller-retour d’une requête USB 2.0
26 nsPropagation maximale allouée à un câble
5,2 ns/mVitesse du signal : 26 ÷ 5,2 = 5 mètres
GénérationDébitLongueur passive réalisteCe qui lâche en premierUsage en salle
USB 2.0480 Mbps5 mLe budget temps : le périphérique disparaîtMicros, contrôleurs tactiles, caméras 1080p
USB 5 Gbps (3.2 Gen 1)5 Gbps2 à 3 mL’atténuation : la résolution baisseCaméras 4K, barres en mode périphérique
USB 10 Gbps (3.2 Gen 2)10 Gbps≈ 1 mDiaphonie et gigue : liaison instableStockage rapide, capture non compressée
USB440 Gbps≈ 0,8 mTout à la fois — marge quasi nulleStations d’accueil, écran en câble unique
Ethernet Cat 6 / 6A1 à 10 Gbps100 m (90 + 10 m de cordons)Rien avant 100 m si la pose est correcteBarres autonomes, contrôleurs PoE, audio réseau

La dernière ligne est la vraie leçon du guide : dès qu’une distance dépasse la dizaine de mètres, la question n’est plus « quel câble USB acheter » mais « pourquoi cette liaison passe-t-elle encore par l’USB ». Pour le bâtiment, notre guide sur le câblage réseau Cat 6, fibre et baie de brassage prend le relais.

Longues distances

Répéteur, actif cuivre, actif optique : trois mots pour trois choses différentes

Un câble « actif » contient de l’électronique. Encore faut-il savoir laquelle : de ce détail dépend une question très concrète — votre caméra sera-t-elle alimentée au bout du câble, ou pas du tout ?

Trois familles se partagent le marché. Le câble répéteur embarque une puce qui régénère le signal : il gagne quelques mètres et transporte toujours le courant du bus. Le câble actif optique, noté AOCActive Optical Cable (câble actif optique)Câble dont les connecteurs convertissent le signal électrique en lumière et inversement, la liaison elle-même étant en fibre. Il franchit des dizaines de mètres sans perte et ne peut pas créer de boucle de masse, mais il ne transporte pas le courant du bus : le périphérique distant doit avoir sa propre alimentation., convertit le signal en lumière dans la fiche et le reconvertit à l’autre bout : il franchit des dizaines de mètres, mais ne transporte quasiment aucun courant. L’extendeur sur paires torsadées place deux boîtiers de part et d’autre d’un câble réseau et refabrique un vrai bus à distance, avec sa propre alimentation. Cas vécu en salle du conseil : l’intégrateur remplace un cordon de 5 m par un câble optique de 15 m pour atteindre la caméra au-dessus de l’écran. Le contrôleur tactile posé sur la table, lui, est alimenté par le bus USB. La caméra fonctionne, elle a son bloc secteur ; le contrôleur reste noir. Rien n’est cassé — le câble optique ne fournit pas de courant, et personne ne l’avait lu.

La gamme Logitech Strong USB 3.2 illustre la catégorie : câbles actifs optiques USB-A vers USB-C conformes à la spécification USB 3.2 Gen 2, 10 Gbps pour les appareils auto-alimentés, rétrocompatibles USB 2.0 et 5 Gbps, disponibles en 10, 25 et 45 mètres. Les caractéristiques mécaniques sont celles d’un produit de bâtiment : traction admissible de 200 newtons — un poids de 20 kg suspendu au câble —, écrasement de 1 000 kg, rayon de courbure dynamique minimal de 25 mm, passage dans un conduit de 19 mm, classement de réaction au feu Eca au sens de la CPRConstruction Products Regulation (règlement européen sur les produits de construction)Cadre qui impose de déclarer la réaction au feu des câbles installés dans un bâtiment, via la norme EN 50575. Sept euroclasses, de Aca à Fca : Eca correspond à la performance minimale, Dca est courant dans les bureaux et Cca est souvent exigé dans les établissements recevant du public.. C’est cette combinaison qui les distingue d’un câble optique générique, pas une supériorité magique du signal.

Le marché de l’extension USB professionnelle est ancien et bien fourni ; le citer honnêtement fait partie du travail. Icron, passé chez Analog Devices, reste la référence : le Raven 3204C transporte l’USB 5 Gbps, l’USB 2.0 et l’USB 1.1 simultanément jusqu’à 100 mètres sur un lien Cat 6a ou Cat 7, délivre 3 ampères sur chacun de ses deux ports USB-C distants et 1,2 ampère sur ses deux USB-A, et fait passer un lien Ethernet 1 Gbps dans le même câble. Sur ce terrain — distance et alimentation au bout — il fait mieux qu’un câble actif optique, quel qu’en soit le fabricant. En contrepartie, il faut deux boîtiers et deux prises secteur.

Les autres noms à connaître : Extron et ses USB Extender Plus, Aten et sa famille UCE, Kramer pour les liaisons combinées vidéo et USB, WyreStorm avec les EX-100-H2 et EX-100-KVM-8K qui font passer HDMI et USB 2.0 sur un unique Cat 6 en HDBaseTHigh Definition Base TransportTechnologie qui fait transiter vidéo, audio, USB, télécommande et parfois alimentation sur un unique câble à paires torsadées, jusqu'à 100 mètres. C'est l'alternative de référence à la fibre pour déporter un écran ou une régie sans changer le type de câblage du bâtiment., AVPro Edge dont l’AC-EXUSB-2-KIT se contente d’un Cat 5e existant — argument de poids dans un immeuble déjà câblé. Par honnêteté d’inventaire : le kit Atlona AT-USB-EX100-KIT, longtemps recommandé pour l’USB 2.0 à 100 m, est en fin de commercialisation ; si un devis vous le propose encore, demandez le remplaçant plutôt que le stock résiduel.

Trois réflexes enfin. Un câble actif optique est directionnel : l’inversion des fiches ne produit rien, ni message ni diode. Il est non réparable sur site, car on ne recoupe pas une fibre pré-connectorisée. Et il ne se chaîne pas : deux actifs bout à bout, ou un actif suivi d’une rallonge passive, ramènent tous les problèmes de budget temps. Un câble, une liaison — le même principe que pour une station d’accueil USB-C ou Thunderbolt.

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SolutionPortée réalisteAlimente le périphérique distant ?Prises secteurRéférences du marché
Câble passif1 à 5 mOui, courant du busAucuneTout fabricant sérieux, certifié USB-IF de préférence
Câble répéteur (cuivre actif)5 à 10 m, parfois 15 m en USB 2.0Oui, avec chute de tensionAucune ou uneStarTech, Lindy, Delock, Newnex
Câble actif optique10 à 50 mNon — auto-alimentés seulementUne, côté périphériqueLogitech Strong USB (10 / 25 / 45 m), Optical Cables by Corning, Newnex FireNEX-uLINK, Lindy Fibre Optic
Extendeur sur Cat 6a100 mOui, via le boîtier distantDeuxIcron Raven 3204C et 3104, Aten UCE, Extron USB Extender Plus
Extendeur HDBaseT (vidéo + USB)70 à 100 mOui, boîtier souvent télé-alimentéUne ou deuxWyreStorm EX-100-H2 et EX-100-KVM-8K, AVPro Edge AC-EXUSB-2-KIT, Kramer, Extron

Le 10 mètres couvre la plupart des salles classiques ; le 25 mètres s’adresse aux amphis et aux unités de traitement déportées.

Changer de plan

La meilleure rallonge USB reste celle qu’on n’installe pas

Depuis que les barres de visioconférence embarquent leur propre ordinateur, la question du câble long a une réponse plus élégante : ne plus faire circuler d’USB dans la salle, et laisser le réseau franchir ses 100 mètres sans se plaindre.

Deux architectures cohabitent. Dans le montage historique, dit mode périphérique, un PC de salle pilote une caméra et un micro reliés en USB : c’est lui qui impose trois ou quatre câbles longs. Dans le montage autonome, l’application de réunion tourne dans la barre : il ne reste qu’une prise secteur, un câble réseau et une liaison vers l’écran. Une PME d’Alger équipe six salles identiques. Sur les trois premières, montées autour d’un mini-PC caché dans le meuble, il a fallu tirer une rallonge USB vers la caméra, une autre vers le micro de table, un HDMI vers l’écran et une prise réseau : quatre passages de goulotte, et deux mois plus tard une caméra qui décroche. Les trois salles suivantes utilisent une barre autonome et un contrôleur alimenté par le réseau : deux câbles, une prise, aucune intervention depuis.

Tous les acteurs sont alignés sur ce modèle, et il faut les nommer pour comparer. Chez Logitech : Rally Bar Huddle pour les très petites salles, Rally Bar Mini pour 2 à 6 personnes, Rally Bar pour les salles moyennes, RoomMate pour rendre autonome une caméra déjà en place. Chez HP Poly : Studio X30, X50, X52 et X70. Chez Neat : Neat Bar, Neat Bar Gen 2 et Neat Bar Pro. Chez Yealink : MeetingBar A20, A30 et A40. Chez Cisco : Room Bar et Room Kit EQ. Chez Huawei : la famille IdeaHub. Tous exécutent Microsoft Teams Rooms ou Zoom Rooms localement, sur une base Android, et se raccordent au réseau — pas à un ordinateur. Le comparatif fonctionnel relève de notre guide visioconférence et de notre méthode pour équiper une salle Teams ou Zoom.

Le contrôleur de table suit la même logique : en USB il oblige à faire venir un câble de données jusqu’au coffret, en réseau il se contente d’une prise Ethernet. Le Logitech Tap IP en est l’exemple le plus répandu — appareil PoEPower over Ethernet (alimentation par le câble réseau)Technique qui fait circuler l'électricité dans le câble réseau en plus des données. Quatre normes IEEE — 802.3af, at, bt Type 3 et bt Type 4 — définissent 15,4 W, 30 W, 60 W et 90 W injectés par port. En salle de réunion, elle alimente surtout les contrôleurs tactiles et les caméras réseau. de classe 3 au sens de la norme IEEE 802.3af Type 1, alimenté et piloté par un unique câble Cat 6, déclaré compatible avec les salles Android associées à un Rally Bar, un Rally Bar Mini ou un RoomMate. Les équivalents existent : Poly TC10 et TC8, Neat Pad, Yealink CTP18 et CTP25, Cisco Room Navigator. Sur le chantier, cela change tout : un câblage Cat 6 se pose, se teste et se certifie avec des outils courants, là où un câble USB long ne se teste avec rien.

Reste le BYODBring Your Own Device (apportez votre appareil)Usage où un participant branche son propre portable sur les caméras, micros et écran de la salle. C'est le seul scénario qui impose de conserver un câble sur la table : il doit rester court, de préférence en USB-C portant à la fois la vidéo, les données et la charge., où un intervenant apporte son portable et veut la caméra et le micro de la salle. Là, un câble revient sur la table, et c’est normal : un USB-C court, 1 à 2 m depuis un boîtier de table, portant la vidéo en mode alternatif DisplayPort, les données et la charge du portable. Le marché est mûr — Extron avec l’UCS 303, qui fournit 60 W de charge sur son entrée USB-C, Kramer avec ses tableboxes, Ashton Bentley pour les intégrations en table.

L’audio des grandes salles peut enfin sortir du monde USB. DanteDigital Audio Network Through EthernetSolution d'Audinate qui transporte des canaux audio numériques sur un réseau Ethernet ordinaire, avec une latence réglable typiquement entre 0,15 et 1 milliseconde. Adoptée par plus de 350 fabricants, elle exige un réseau maîtrisé : VLAN dédié, QoS posée et commutateurs capables de synchroniser les horloges., d’Audinate, transporte des canaux audio numériques sur un réseau Ethernet ordinaire avec une latence configurable — typiquement 1 ms, 0,5 ms ou 0,25 ms, avec un plancher à 150 microsecondes. Pour fixer les idées, 1 milliseconde correspond au temps que met le son à parcourir 34 centimètres dans l’air : l’oreille ne le perçoit pas. Plus de 350 fabricants la prennent en charge. L’alternative normalisée, l’AVBAudio Video Bridging (IEEE 802.1)Ensemble de normes IEEE pour le transport audio et vidéo temps réel sur Ethernet, décliné en profil Milan pour l'audio professionnel. Il garantit une synchronisation inférieure à 0,5 ms et une latence de 2 ms sur sept sauts de commutateur, à condition que tous les équipements du chemin le prennent en charge. et son profil Milan, garantit une synchronisation sous 0,5 ms et une latence de 2 ms sur sept sauts. Les deux exigent un réseau maîtrisé : VLANVirtual Local Area Network (réseau local virtuel)Découpage logique d'un même commutateur en plusieurs réseaux étanches. En salle de visioconférence, il sert à isoler les appareils audiovisuels du reste du parc : ils ne voient pas la bureautique, la bureautique ne les voit pas, et le trafic temps réel reste prévisible. dédié, QoSQuality of Service (qualité de service)Mécanisme de priorisation du trafic réseau : la voix et la vidéo de réunion passent avant les téléchargements et les sauvegardes. Sans elle, une copie de fichiers lancée à midi suffit à hacher le son d'une salle pourtant parfaitement câblée. posée, commutateurs synchronisant les horloges. Soyons francs : pour douze personnes, l’audio réseau est du luxe ; il s’impose avec un auditorium, une régie ou plusieurs salles à interconnecter, et le choix des commutateurs devient alors structurant, comme le détaille notre guide sur le switch réseau manageable et PoE.

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ArchitectureCâbles longs à tirerDistance maximaleLimite principaleMatériels typiques
PC de salle + périphériques USB3 à 55 m sans extensionChaque câble est un point de panneMini-PC, caméra USB, barre de son de conférence
PC de salle + extension USB2 à 3, plus des boîtiers100 mAlimentations multiples, dépannage plus lourdIcron Raven, Extron USB Extender Plus, Aten UCE
Barre autonome + contrôleur réseau1 réseau, 1 vidéo vers l’écran100 m par câble réseauDépend de la plateforme retenueRally Bar et Tap IP, Poly Studio X et TC10, Neat Bar et Neat Pad, Yealink A30 et CTP18, Cisco Room Bar et Room Navigator
Barre autonome + BYOD sur table1 réseau + 1 lien court100 m + 2 m sur la tableLe cordon de table s’use : prévoir du rechangeBoîtiers Extron UCS 303, tableboxes Kramer, enrouleurs Ashton Bentley
Extension USB longue distance1 boîtier de chaque côté100 m sur Cat 6aDeux points d’alimentation à prévoirIcron Raven 3204C et 3104, Aten UCE, Extron USB Extender Plus, WyreStorm EX-100-KVM-8K, AVPro Edge AC-EXUSB-2-KIT

Un détail qui n’en est pas un : le contrôleur en réseau suppose qu’une prise Ethernet arrive dans la table, pas au mur — une décision de gros œuvre. Quand la table est déjà posée, notre guide sur l’équipement d’une salle de réunion détaille les contournements.

Alimentation

Le courant, ce sujet qu’on découvre le jour de la mise en service

Une salle, c’est un contrôleur alimenté par le réseau, une barre et un écran alimentés par le secteur, et parfois une caméra qui n’est alimentée par rien parce que le câble optique ne transporte pas de courant. La liste se fait avant, pas pendant.

Le PoEPower over Ethernet (alimentation par le câble réseau)Technique qui fait circuler l'électricité dans le câble réseau en plus des données. Quatre normes IEEE — 802.3af, at, bt Type 3 et bt Type 4 — définissent 15,4 W, 30 W, 60 W et 90 W injectés par port. En salle de réunion, elle alimente surtout les contrôleurs tactiles et les caméras réseau. — l’alimentation par le câble réseau — règle élégamment le cas du contrôleur de table et des caméras réseau : un seul câble apporte les données et le courant. Mais il ne couvre pas tout : barres, écrans et unités de traitement gardent leur bloc secteur. Erreur classique de fin de chantier : l’électricien a prévu une prise derrière l’écran, une seule. Le jour de l’installation, il faut y brancher l’écran, la barre, l’unité de traitement et le petit commutateur du meuble. Une multiprise apparaît, puis une rallonge qui traverse le faux plafond jusqu’à une autre prise, sur un autre circuit — et le lendemain, un ronflement grave s’installe dans le son de la salle. Personne ne fera le lien entre les deux événements.

Les chiffres du PoE d’abord, car ils sont systématiquement mal lus. Quatre normes : IEEE 802.3af (2003) injecte 15,4 W par port, 802.3at dit PoE+ (2009) 30 W, 802.3bt Type 3 (2018) 60 W et Type 4 90 W. Ces valeurs sont ce que le commutateur envoie ; l’appareil au bout reçoit garanti 12,95 W, 25,5 W, 51 W et environ 71 W. L’écart, c’est la perte en ligne : environ 16 % de la puissance se dissipe sur 100 mètres de cuivre, comme la pression d’eau qui baisse au bout d’un tuyau d’arrosage. Un Tap IP, classé 802.3af Type 1 classe 3, demande donc au plus 13 W. Notez le vocabulaire des fiches : le commutateur est le PSE, l’appareil alimenté est le PDPowered Device (appareil alimenté)Dans le vocabulaire du PoE, l'appareil qui reçoit le courant — contrôleur tactile, borne Wi-Fi, caméra. Il déclare sa classe de consommation au commutateur, appelé PSE, qui lui alloue la puissance correspondante. Aucun courant n'est envoyé tant que cette négociation n'a pas eu lieu., et c’est le second qui déclare sa classe au premier.

Le vrai piège est le budget PoE total, partagé et non multiplié. Un modèle « 24 ports PoE+ 30 W » n’offre presque jamais 720 W : il annonce généralement 190 à 250 W au total, soit huit ports à pleine charge. Une salle qui ne demande que 13 W laisse de la marge — mais si le même commutateur alimente quatre caméras à 12 W, deux bornes Wi-Fi 6E à 25 W et six téléphones à 6 W, l’addition monte vite, et la règle de l’art impose 20 % de réserve. C’est la ligne « PoE budget » qu’il faut lire, jamais le « par port ». Nos guides sur le choix d’un switch manageable et sur le déploiement du Wi-Fi donnent la méthode complète.

Deuxième sujet, la boucle de masse, cause numéro un des ronflements. Deux appareils reliés par un câble de signal sont aussi reliés chacun à la terre du bâtiment. Si les deux points de terre ne sont pas au même potentiel — ce qui arrive dès qu’ils dépendent de deux circuits — un courant circule dans le blindage et produit un bourdonnement à 50 Hz, la fréquence du réseau électrique algérien. Trois remèdes : tout brancher sur le même circuit et la même barrette ; passer en liaisons symétriques XLR ou TRS ; en dernier recours, insérer un transformateur d’isolement. Avantage rarement cité des câbles actifs optiques : séparant les extrémités par de la lumière, ils ne peuvent pas créer de boucle de masse.

Reste la continuité de service. Un commutateur PoE éteint, c’est un contrôleur éteint et une salle inutilisable même si l’écran fonctionne : un onduleur de baie couvrant le commutateur et l’unité de traitement transforme un redémarrage de dix minutes en bascule invisible. Y brancher l’écran, en revanche, est inutile.

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Norme PoEInjectéGaranti au boutCe qu’elle alimente en salle
802.3af (Type 1)15,4 W12,95 WContrôleur tactile de table (Tap IP en classe 3), téléphone IP, caméra fixe
802.3at / PoE+ (Type 2)30 W25,5 WCaméra motorisée, borne Wi-Fi 6, petit écran de signalétique
802.3bt Type 360 W51 WBorne Wi-Fi 7 multi-radio, caméra chauffée, point d’accès extérieur
802.3bt Type 490 W≈ 71 WÉcran d’affichage dynamique, poste léger alimenté par le réseau

Règle de survie : additionnez les consommations maximales des appareils PoE du même commutateur, ajoutez 20 %, comparez au budget total de la fiche. Le symptôme d’un dépassement est reconnaissable : les appareils redémarrent en boucle à l’heure où tout s’allume.

Chemin de câbles

Le trajet du câble décide de la durée de vie de l’installation

Un câble bien choisi mais mal cheminé se comporte comme un câble bas de gamme : il chauffe, il se plie, il capte le 50 Hz du circuit d’éclairage, et il finit par lâcher.

Quatre chemins existent : la goulotte murale ou la plinthe, le faux plafond, le plancher technique et la colonne qui descend du plafond vers la table, à quoi s’ajoute la table percée. Le choix n’est pas esthétique : il détermine la longueur réelle du câble, la possibilité de le remplacer et le voisinage électrique qu’il devra supporter. Un exemple qui parle à tout le monde : la table est à 4 mètres de l’écran, on note « 5 mètres, ça suffira ». En réalité le câble descend de la table au sol (0,8 m), longe la plinthe jusqu’au mur du fond (5 m), remonte derrière l’écran (1,6 m), plus une boucle de réserve (1 m) et deux cordons de raccordement. On arrive à 9 ou 10 mètres, et le câble de 5 m part à la poubelle avant d’avoir servi.

La séparation entre courants forts et courants faibles est normalisée, et elle explique une bonne partie des ronflements inexpliqués. La norme européenne EN 50174-2, qui régit la mise en œuvre du câblage informatique dans les bâtiments, demande de l’ordre de 200 mm entre un câble de données non blindé et un câble d’énergie non blindé cheminant en parallèle. Avec un câble de données blindé, la distance tombe vers 30 mm ; entre deux câbles blindés, elle peut être nulle. Un séparateur métallique dans la goulotte joue le même rôle qu’une distance d’air : une goulotte à deux compartiments avec cloison métallique n’est pas du confort, c’est de la conformité.

Le rayon de courbure est le deuxième tueur silencieux. Un câble actif optique admet typiquement 25 mm de rayon dynamique minimal, soit une boucle de 5 cm de diamètre — la taille d’une balle de golf. En dessous, la fibre subit des micro-courbures, l’atténuation augmente et la liaison devient instable par intermittence : le pire des défauts, impossible à reproduire devant le client. La traction admissible de 200 newtons autorise le tirage en conduit, mais elle s’exerce sur la gaine, jamais sur le connecteur.

Le classement au feu devient un critère de marché pour les établissements recevant du public. Le règlement européen sur les produits de construction, appliqué aux câbles par la norme EN 50575, définit sept euroclasses, de Aca à Fca, avec B1ca, B2ca, Cca, Dca et Eca entre les deux, plus trois modificateurs : fumée (s1 à s3), gouttelettes enflammées (d0 à d2), acidité des gaz (a1 à a3). Eca correspond à la performance minimale. Dca est courant dans les bureaux, Cca fréquemment exigé dans les bâtiments recevant du public, B2ca dans les locaux à risque.

Reste le savoir-faire de chantier. Une boucle de réserve d’un mètre à chaque extrémité permet de déplacer un écran sans retirer tout le câble. Une aiguille de tirage laissée dans chaque conduit, même vide, transforme un ajout futur en affaire de vingt minutes. Un étiquetage identique aux deux bouts, une réserve de 25 % dans la goulotte, des photos avant fermeture : rien de coûteux, tout décisif. Les mêmes principes valent pour l’affichage, qu’il s’agisse d’un vidéoprojecteur ou d’un écran interactif, ou d’un écran professionnel à entrée USB-C.

Un mot sur la vidéo, qui emprunte les mêmes chemins. Un HDMI passif de bonne facture transporte du 4K à 60 Hz — 18 Gbps — sur 5 à 10 mètres sans histoire ; au-delà, la fiabilité dépend du lot et de la source. Dès qu’on vise les 48 Gbps du HDMI 2.1, en 4K à 120 Hz ou en 8K, la longueur passive réaliste tombe vers 3 mètres. Ensuite, on passe à l’optique active ou au HDBaseTHigh Definition Base TransportTechnologie qui fait transiter vidéo, audio, USB, télécommande et parfois alimentation sur un unique câble à paires torsadées, jusqu'à 100 mètres. C'est l'alternative de référence à la fibre pour déporter un écran ou une régie sans changer le type de câblage du bâtiment. sur paires torsadées, où 70 à 100 mètres sont la norme.

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CheminLongueur ajoutéeRemplacement ultérieurRisque principalQuand le retenir
Goulotte murale / plinthe+ 60 à 120 %Facile : on ouvre le couvercleProximité du circuit d’éclairage sans cloisonRénovation, salle existante, budget contenu
Faux plafond+ 80 à 150 %Moyen : échelle, dalles à déposerChaleur, poussière, câble non classé au feuBarre au-dessus de l’écran, projecteur, bornes
Colonne plafond-table+ 100 à 200 %Moyen : démontage de la colonneEncombrement visuel, choc mécaniqueTable centrale sans percement au sol possible
Table percée + boîtier+ 1 à 2 m localementDifficile si la table est fixeUsure des cordons manipulés chaque jourUsage BYOD quotidien, salles très sollicitées

La colonne technique est la solution la plus critiquée et la plus souvent la bonne : elle évite de percer une table de valeur, protège le câble et rend la reprise possible sans toucher au sol. Son défaut est visuel, et une finition assortie au mobilier le corrige.

Métré

Combien de mètres pour quelle salle : le tableau à emporter sur le chantier

La distance à vol d’oiseau ne sert à rien. Ce qui compte est le trajet du câble — et il fait toujours entre 1,5 et 2,5 fois la distance mesurée à la règle sur le plan.

La méthode tient en quatre additions : la course horizontale en suivant les murs et non la diagonale, les montées et descentes, la réserve d’un mètre par extrémité et les cordons de raccordement. Salle de formation de 30 personnes : l’écran est en tête de salle, le coffret dans le placard du couloir, à 3 mètres de l’autre côté de la cloison. À la règle, « 4 mètres ». Dans les faits, le câble monte au faux plafond (2,8 m), traverse deux travées jusqu’à la gaine technique (7 m), redescend (2,4 m), plus deux fois un mètre de réserve : 15,2 mètres. Le câble de 10 m est trop court ; le 25 m est le bon choix, même s’il faudra en lover cinq derrière le meuble.

Trois erreurs de métré reviennent systématiquement. Mesurer avant d’avoir arbitré le chemin : tant que le passage n’est pas décidé entre plinthe, plafond et plancher, aucun chiffre ne vaut. Oublier que barres et caméras intègrent souvent 1,5 à 2 mètres de cordon fixe. Mesurer la salle vide : une fois le mobilier posé, le câble passe devant le meuble et gagne un mètre.

Les longueurs commerciales se sont stabilisées : 0,5 / 1 / 2 / 3 / 5 mètres en cuivre passif ; 5 / 10 / 15 mètres en cuivre actif à répéteur ; 10 / 15 / 20 / 25 / 30 / 50 mètres en actif optique selon les fabricants, la gamme Logitech Strong USB proposant 10, 25 et 45 mètres. En extension sur paires torsadées, la longueur n’est plus un palier mais une limite — jusqu’à 100 mètres, le Cat 6a se coupant à la bonne dimension au chantier.

Quelle catégorie de câble réseau retenir ? Le Cat 6 suffit très largement : une barre autonome transmet 2 à 4 Mbps en 1080p et reste sous 10 Mbps en 4K, contre 1 000 Mbps disponibles. Le débat Cat 6 contre Cat 6A ne porte donc pas sur la visio mais sur l’avenir du lien : en 10GBASE-T, un Cat 6 tient au moins 37 mètres, entre 37 et 55 mètres selon la diaphonie exogène, quand le Cat 6A tient les 100 mètres réglementaires. La distance normalisée reste la même : 90 mètres de lien permanent, plus 10 mètres de cordons aux deux bouts.

Repères par gamme, toutes marques confondues. Entrée : câble passif certifié de 2 à 3 m, ou répéteur cuivre de 5 à 10 m en USB 2.0 — StarTech, Lindy, Delock, Newnex. Milieu : actif optique de 10 à 25 m — Logitech Strong USB, Optical Cables by Corning, Newnex FireNEX-uLINK, Lindy Fibre Optic ; le standard des salles d’entreprise, sans boîtier intermédiaire. Haut : extendeur sur Cat 6a — Icron Raven 3204C et 3104, Aten UCE, Extron USB Extender Plus ; réservé aux cas où le périphérique distant doit être alimenté ou la distance dépasse 30 mètres. Hors classement : les extendeurs HDBaseT — WyreStorm EX-100-H2 et EX-100-KVM-8K, AVPro Edge AC-EXUSB-2-KIT, Kramer — utiles seulement si la liaison doit aussi porter l’image. Aucun palier n’est meilleur dans l’absolu : un extendeur pour une caméra à trois mètres est de l’argent immobilisé, un câble passif de 5 mètres en salle de conseil est une panne programmée. Le même raisonnement s’applique au poste qui pilote la salle, détaillé dans notre guide sur le choix entre portable, fixe et mini-PC.

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Type de salleTable → écranTrajet réel du câbleSolution qui convientCâbles longs à prévoir
Huddle, 2 à 4 personnes1,5 à 2,5 m3 à 5 mCâble passif certifié, aucune extension1 USB court + 1 HDMI court
Salle de réunion, 6 à 10 personnes3 à 4 m7 à 11 mActif optique 10 m, ou barre autonome + réseau1 actif optique 10 m, ou 1 Cat 6
Salle de conseil, 10 à 16 personnes5 à 7 m12 à 18 mActif optique 25 m, ou barre autonome + Tap IP1 actif optique 25 m + 1 Cat 6 en table
Salle de formation, 20 à 30 personnes8 à 12 m18 à 28 mActif optique 25 m à la limite, ou extendeur Cat 6a1 actif optique 25 m ou 1 extendeur + 1 Cat 6a
Amphi, régie déportée15 m et plus35 à 90 mExtendeur Cat 6a, HDBaseT, audio réseau2 à 4 liens Cat 6a, fibre au-delà de 100 m

Deux repères : le rapport de 1,5 à 2,5 entre la distance sur plan et la longueur réellement nécessaire, et la boucle de réserve d’un mètre à chaque extrémité. Ce sont les deux chiffres qui séparent un câble juste d’un câble à racheter — le même genre de détail que les ports réellement utiles derrière les intitulés d’une fiche technique.

Idées reçues

Cinq phrases entendues sur les chantiers — et ce qu’elles coûtent

Elles paraissent toutes raisonnables sur le moment. Chacune se solde par une reprise de goulotte, un déplacement, ou une salle indisponible un matin de réunion importante.

« J’ajoute une rallonge USB de 3 m, ça passera bien. »

Non : la limite n’est pas une marge de sécurité, c’est un budget de 26 nanosecondes par câble. Au-delà, l’hôte considère la réponse perdue et le périphérique disparaît — en pleine réunion, jamais pendant les essais.

« Le câble est certifié 10 Gbps, je peux donc le prendre en 10 mètres. »

L’inverse est vrai : plus le débit annoncé est élevé, plus le câble passif doit être court. À 10 Gbps la limite tourne autour d’un mètre, à 40 Gbps autour de 80 centimètres. Un câble long et rapide est forcément actif.

« Le câble optique alimentera la caméra au bout. »

Non : un câble actif optique transporte de la lumière, pas du courant. Il fait vivre un appareil qui a sa propre prise, jamais un périphérique alimenté par le bus. À vérifier avant de commander, pas le jour de la pose.

« On branchera l’écran sur l’autre prise, celle du couloir. »

C’est la recette de la boucle de masse : deux références de terre, un courant qui circule dans le blindage, un ronflement à 50 Hz que personne ne saura expliquer. Une salle, un circuit, une barrette.

« Un câble USB de bureau fera l’affaire, c’est le même cuivre. »

Pas pour un usage fixe : un câble d’installation est classé au feu, résiste à la traction et à l’écrasement, et se plie sans se dégrader. Un cordon prévu pour être branché quinze fois par mois n’a pas la même longévité une fois emmuré.

Derrière ces cinq phrases, une seule cause : la question du câble arrive en dernier dans le projet, alors qu’elle devrait arriver avec le choix de la salle. Le scénario se répète : le matériel est validé en comité, la commande est passée, la date d’installation est fixée — et c’est l’installateur, sur place, qui découvre que la table est à neuf mètres du coffret. Il achète ce qu’il trouve le jour même, et le câble « de dépannage » devient définitif, parce que personne ne rouvre une salle qui fonctionne à peu près.

La parade tient en six informations à réunir avant toute commande. Un : le plan coté de la salle, avec table, écran et coffret. Deux : le chemin de câbles retenu, arbitré avec l’électricien — pas supposé. Trois : la liste des appareils avec, pour chacun, la mention « auto-alimenté » ou « alimenté par le bus ». Quatre : le nombre de prises secteur et leur circuit d’origine. Cinq : la présence ou non d’une prise réseau en table. Six : un port PoEPower over Ethernet (alimentation par le câble réseau)Technique qui fait circuler l'électricité dans le câble réseau en plus des données. Quatre normes IEEE — 802.3af, at, bt Type 3 et bt Type 4 — définissent 15,4 W, 30 W, 60 W et 90 W injectés par port. En salle de réunion, elle alimente surtout les contrôleurs tactiles et les caméras réseau. libre sur le commutateur de l’étage, budget restant compris. Une demi-page qui évite la quasi-totalité des reprises.

Dernier réflexe : garder un câble de rechange de la longueur installée. Un actif optique ne se répare pas sur site et n’est pas toujours disponible immédiatement ; une salle immobilisée trois semaines pour un connecteur arraché par un chariot de ménage coûte bien plus que le câble dormant dans l’armoire.

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Réception

Sept vérifications avant de rendre les clés de la salle

Une installation ne se réceptionne pas en allumant l’écran, mais en la mettant dans les conditions du pire jour : tout allumé, tout en même temps, assez longtemps pour que ce qui doit chauffer chauffe.

La règle d’or : tester chaque câble avec l’appareil réel avant de refermer la goulotte. Pas avec une clé mémoire, pas avec un autre modèle de caméra : un câble qui accepte une souris peut échouer avec un flux vidéo continu. Sur un chantier de trois salles identiques, deux fonctionnent et la troisième perd la caméra toutes les vingt minutes. Même lot de câble, même longueur, même installation. En rouvrant la goulotte, on découvre que le câble a été plié à angle droit derrière l’écran pour rentrer dans le support mural : le rayon de courbure minimal n’a pas été respecté, et la liaison est marginale — elle passe à froid et lâche quand la salle chauffe.

Un — la certification des liens réseau. Un testeur de continuité vérifie que les huit fils sont dans le bon ordre ; il ne dit rien de l’atténuation, de la diaphonie ni du retard de propagation. Sur une salle qui doit durer, on demande un rapport de certification du lien permanent, catégorie 6 ou 6A, avec la longueur mesurée. C’est ce document qui tranchera, deux ans plus tard, entre un problème de câblage et un problème d’équipement.

Deux — l’essai en charge et en durée : un appel de trente minutes minimum, avec partage d’écran, caméra active et son dans les deux sens, à l’heure la plus chargée du réseau ; les défauts thermiques ne se manifestent pas à vide. Trois — le relevé du budget PoE réel, tous appareils allumés : la valeur consommée doit rester nettement sous le budget total. Quatre — l’écoute du silence : salle allumée, aucun contenu, volume à mi-course ; si un bourdonnement grave apparaît, on cherche du côté des alimentations séparées avant de suspecter le matériel.

Cinq — l’étiquetage et le plan : chaque câble repéré aux deux bouts, chaque prise numérotée, un schéma d’une page laissé dans le coffret. Six — les photos avant fermeture : goulottes ouvertes, arrière de l’écran, intérieur du coffret. Sept — la remise en main propre : montrer comment démarrer une réunion, comment brancher un portable en BYODBring Your Own Device (apportez votre appareil)Usage où un participant branche son propre portable sur les caméras, micros et écran de la salle. C'est le seul scénario qui impose de conserver un câble sur la table : il doit rester court, de préférence en USB-C portant à la fois la vidéo, les données et la charge., et surtout quoi faire quand ça ne marche pas — quel bouton relance la salle, qui appeler, où est le numéro.

Une salle techniquement parfaite dont personne n’ose se servir est un échec de projet. Ces vingt minutes décident si elle sera utilisée, ou si chacun continuera de faire ses réunions au casque depuis son poste — sujet que couvrent le guide des casques professionnels et celui du clavier et de la souris de bureau. L’ensemble s’écrit sur une feuille signée par les deux parties. Notre guide visioconférence reprend cette logique côté équipements, et le guide câblage réseau et baie de brassage côté bâtiment.

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Cette liste vaut pour une salle montée par un intégrateur comme pour une salle montée en interne. Elle ne demande aucun outil rare, sauf le certificateur de câblage — qui se loue, et dont le rapport rejoint le dossier technique du bâtiment.

Lexique

Les sigles de ce guide, expliqués

De quoi lire n’importe quelle fiche technique sans rien laisser passer.

USB
Universal Serial Bus (bus série universel)Norme de connexion des périphériques informatiques, née en 1996. Sa contrainte la moins connue est temporelle : l'hôte attend la réponse du périphérique dans une fenêtre fixe, ce qui plafonne mécaniquement la longueur des câbles à environ 5 mètres en USB 2.0 et 3 mètres en 5 Gbps.
PoE
Power over Ethernet (alimentation par le câble réseau)Technique qui fait circuler l'électricité dans le câble réseau en plus des données. Quatre normes IEEE — 802.3af, at, bt Type 3 et bt Type 4 — définissent 15,4 W, 30 W, 60 W et 90 W injectés par port. En salle de réunion, elle alimente surtout les contrôleurs tactiles et les caméras réseau.
USB-IF
USB Implementers ForumOrganisme qui publie les spécifications USB et gère la certification des câbles et des appareils. Il ne fixe plus de longueur maximale par génération : il impose des exigences de performance (atténuation, retard de propagation, diaphonie) que le câble doit tenir quelle que soit sa longueur.
AOC
Active Optical Cable (câble actif optique)Câble dont les connecteurs convertissent le signal électrique en lumière et inversement, la liaison elle-même étant en fibre. Il franchit des dizaines de mètres sans perte et ne peut pas créer de boucle de masse, mais il ne transporte pas le courant du bus : le périphérique distant doit avoir sa propre alimentation.
CPR
Construction Products Regulation (règlement européen sur les produits de construction)Cadre qui impose de déclarer la réaction au feu des câbles installés dans un bâtiment, via la norme EN 50575. Sept euroclasses, de Aca à Fca : Eca correspond à la performance minimale, Dca est courant dans les bureaux et Cca est souvent exigé dans les établissements recevant du public.
HDBaseT
High Definition Base TransportTechnologie qui fait transiter vidéo, audio, USB, télécommande et parfois alimentation sur un unique câble à paires torsadées, jusqu'à 100 mètres. C'est l'alternative de référence à la fibre pour déporter un écran ou une régie sans changer le type de câblage du bâtiment.
BYOD
Bring Your Own Device (apportez votre appareil)Usage où un participant branche son propre portable sur les caméras, micros et écran de la salle. C'est le seul scénario qui impose de conserver un câble sur la table : il doit rester court, de préférence en USB-C portant à la fois la vidéo, les données et la charge.
PD
Powered Device (appareil alimenté)Dans le vocabulaire du PoE, l'appareil qui reçoit le courant — contrôleur tactile, borne Wi-Fi, caméra. Il déclare sa classe de consommation au commutateur, appelé PSE, qui lui alloue la puissance correspondante. Aucun courant n'est envoyé tant que cette négociation n'a pas eu lieu.
Dante
Digital Audio Network Through EthernetSolution d'Audinate qui transporte des canaux audio numériques sur un réseau Ethernet ordinaire, avec une latence réglable typiquement entre 0,15 et 1 milliseconde. Adoptée par plus de 350 fabricants, elle exige un réseau maîtrisé : VLAN dédié, QoS posée et commutateurs capables de synchroniser les horloges.
AVB
Audio Video Bridging (IEEE 802.1)Ensemble de normes IEEE pour le transport audio et vidéo temps réel sur Ethernet, décliné en profil Milan pour l'audio professionnel. Il garantit une synchronisation inférieure à 0,5 ms et une latence de 2 ms sur sept sauts de commutateur, à condition que tous les équipements du chemin le prennent en charge.
VLAN
Virtual Local Area Network (réseau local virtuel)Découpage logique d'un même commutateur en plusieurs réseaux étanches. En salle de visioconférence, il sert à isoler les appareils audiovisuels du reste du parc : ils ne voient pas la bureautique, la bureautique ne les voit pas, et le trafic temps réel reste prévisible.
QoS
Quality of Service (qualité de service)Mécanisme de priorisation du trafic réseau : la voix et la vidéo de réunion passent avant les téléchargements et les sauvegardes. Sans elle, une copie de fichiers lancée à midi suffit à hacher le son d'une salle pourtant parfaitement câblée.
FAQ

Vos questions sur le câblage d’une salle, en clair

Les questions que nos clients posent réellement, souvent après une première installation qui n’a pas tenu.

Mon câble USB de 5 mètres est neuf et la caméra décroche. Il est défectueux ?

Probablement pas. En USB 2.0, 5 mètres est déjà la limite absolue de la norme, et le cordon fixe intégré à la caméra s’y ajoute : le trajet électrique réel dépasse la limite. D’où ce symptôme typique — ça fonctionne, puis ça disparaît sous charge. Mesurez la longueur totale, cordon d’appareil compris, avant d’accuser le câble.

Puis-je mettre deux rallonges USB bout à bout pour atteindre 8 mètres ?

Non. Chaque concentrateur ajouté coûte environ 2,5 microsecondes sur un budget total de 1,5 microseconde aller-retour, et chaque mètre de cuivre 5,2 nanosecondes : deux rallonges chaînées violent ce budget par deux mécanismes à la fois. Il faut un câble actif, un extendeur sur paires torsadées, ou une barre autonome qui supprime la liaison.

Un câble actif optique alimente-t-il la caméra branchée au bout ?

Non, et c’est la principale erreur d’achat. Il transporte le signal sous forme de lumière et ne fournit pas le courant du bus : il convient aux appareils qui ont leur propre bloc secteur. Pour une webcam ou un haut-parleur alimenté par le port USB, il faut un extendeur avec boîtier distant, type Icron Raven ou Aten UCE, qui restitue de la puissance au bout.

Quelle longueur choisir pour une salle de conseil de 12 personnes ?

Comptez 5 à 7 mètres entre la table et l’écran, donc 12 à 18 mètres de trajet réel une fois les descentes, les contournements et les boucles de réserve additionnés. Un actif optique de 25 mètres est le bon calibre ; le 10 mètres sera trop court, sauf si le coffret est immédiatement derrière l’écran.

Cat 6 ou Cat 6A pour une salle de réunion ?

Le Cat 6 suffit très largement : une salle en 4K reste sous 10 Mbps, contre 1 000 Mbps disponibles. Le Cat 6A ne se justifie que si le lien dépasse 40 mètres et doit un jour porter du 10 Gbps — un Cat 6 tient alors 37 à 55 mètres selon la diaphonie exogène, un Cat 6A les 100 mètres normalisés.

Mon contrôleur tactile en PoE ne s’allume pas. Par où commencer ?

Trois vérifications dans l’ordre. Le port du commutateur est-il réellement PoE : sur beaucoup de modèles, seuls les premiers ports le sont. Le budget PoE total est-il atteint : regardez la puissance consommée, pas le nombre de ports. Le lien est-il bon : un câble serti à la main sans testeur est le premier suspect.

D’où vient le ronflement grave dans le son de la salle ?

Presque toujours d’une boucle de masse : deux appareils reliés par un câble de signal et branchés sur deux circuits différents, dont les terres ne sont pas au même potentiel. Le bourdonnement se cale sur 50 Hz. Remède numéro un : tout brancher sur le même circuit et la même barrette. Ensuite : liaisons symétriques XLR ou TRS. En dernier recours : un transformateur d’isolement.

Peut-on recouper un câble actif optique à la bonne longueur ?

Non. Les connecteurs contiennent l’électronique de conversion et la fibre est pré-connectorisée en usine : il n’existe pas de terminaison sur site. On choisit une longueur commerciale supérieure au besoin et on love l’excédent en respectant le rayon de courbure minimal, de l’ordre de 25 mm. D’où l’intérêt d’un câble de rechange : la réparation n’existe pas.

Faut-il du Dante ou de l’AVB dans une salle de réunion classique ?

Non, sauf cas particulier. L’audio sur réseau apporte une latence maîtrisée — 0,15 à 1 milliseconde pour Dante, 2 millisecondes pour AVB sur sept sauts — et une belle souplesse de routage, mais il exige un VLAN dédié, une QoS bien posée et des commutateurs adaptés. Cette complexité se justifie dans un auditorium ou une régie, pas autour d’une table de douze personnes.

Un câble HDMI de 15 mètres annoncé « 8K », est-ce crédible ?

En passif, non. Le plein débit du HDMI 2.1, soit 48 Gbps, ne tient guère au-delà de 3 mètres en cuivre passif ; le 4K à 60 Hz, moins exigeant, passe confortablement sur 5 à 10 mètres. Un câble long tenant réellement le 8K est forcément actif optique, et son emballage le dit. Au-delà, on passe en HDBaseT, où 70 à 100 mètres sont courants.

Une salle à câbler, ou une salle à réparer ?

YouShop DZ, partenaire officiel Logitech, chiffre les salles de réunion à partir du métré réel : trajet des câbles, nature de l’alimentation de chaque appareil, budget PoE du commutateur, catégorie de câblage et longueurs disponibles. Nous proposons aussi les marques que nous ne distribuons pas quand elles répondent mieux au besoin — un extendeur sur paires torsadées vaut mieux qu’un câble optique quand le périphérique distant doit être alimenté. Devis sous 24 à 48 h, livraison dans les 69 wilayas, et tout matériel absent du catalogue peut être fourni sur commande.

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