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Sauvegarde 3-2-1 : la seule assurance qui marche le jour du ransomware

Trois copies, deux supports, une hors site : la regle 3-2-1 et sa version 2026 (3-2-1-1-0) expliquees pas a pas. Pourquoi le RAID et OneDrive ne sont pas des sauvegardes, ce qu'est vraiment une copie immuable, comment fixer son RPO et son RTO, et le plan type d'une PME.

Guide sécurité des données

Sauvegarde 3-2-1 : la seule assurance qui marche le jour du ransomware

Dans 94 % des attaques par rançongiciel, les criminels cherchent d’abord à détruire les sauvegardes — et y arrivent dans 57 % des cas. Quand elles tiennent, la facture de récupération est divisée par huit. Ce guide explique la règle 3-2-1, sa version 2026 dite 3-2-1-1-0, pourquoi le RAIDRedundant Array of Independent Disks (grappe redondante de disques)Regroupement de plusieurs disques vus comme un seul volume, pour continuer à travailler malgré la panne de l'un d'eux. C'est une technologie de disponibilité, pas de récupération : toute suppression ou tout chiffrement est répliqué en temps réel sur tous les disques de la grappe. et la synchronisation cloud n’en font pas partie, et comment construire un plan réellement testé.

La règle

Trois copies, deux supports, une ailleurs : pourquoi ces chiffres et pas d’autres

La règle 3-2-1 n’a pas été écrite par un éditeur de logiciels mais par un photographe, en 2005, pour ne jamais perdre ses archives. Vingt ans plus tard, elle tient toujours — à condition de lui ajouter deux chiffres.

3 copies des données, sur 2 supports de nature différente, dont 1 conservée ailleurs. Chaque chiffre répond à un accident précis, et aucun ne remplace les autres : trois copies parce qu’une sauvegarde peut être en train de mourir au moment exact où l’original meurt ; deux supports parce que trois disques achetés le même jour dans le même carton vieillissent ensemble ; une copie ailleurs parce qu’un incendie ou un vol emporte tout ce qui se trouve dans le même local. Dans une PME d’Alger : le fichier de gestion vit sur le serveur (copie 1), une sauvegarde part chaque nuit sur le NASNetwork Attached Storage (serveur de stockage réseau)Boîtier de stockage partagé accessible par le réseau, très utilisé comme destination de sauvegarde. Bien configuré (compte dédié, instantanés immuables), il restaure en minutes ; laissé en partage ouvert avec le mot de passe admin du domaine, il est chiffré en même temps que le reste. du local technique (copie 2, autre support), un disque chiffré rentre chaque vendredi chez le gérant (copie 3, hors site). Si le local brûle une nuit de juillet, l’entreprise rouvre le lundi avec le disque du salon au lieu de repartir d’une feuille blanche.

L’origine est instructive : la formule est due au photographe Peter Krogh dans The DAM Book (2005), qui protégeait un patrimoine d’images contre deux ennemis très différents, la panne matérielle et le sinistre. Elle n’a pas été conçue contre les rançongiciels, ce qui explique qu’elle ait dû être complétée. La version 2026, reprise par tout le secteur, s’écrit 3-2-1-1-0 : on ajoute 1 copie hors ligne ou immuable et 0 erreur au test de restauration.

Le « 1 » supplémentaire répond à un fait mesuré : les attaquants passent leurs premiers jours dans le réseau à chercher la console de sauvegarde, le NAS de sauvegarde et le compte administrateur — comme un cambrioleur neutralise l’alarme avant de toucher au coffre. Une sauvegarde visible sur le réseau, accessible avec le même mot de passe que le reste du parc, est déjà perdue quand l’attaque se déclenche. Il faut donc au moins une copie qu’un administrateur compromis lui-même ne peut ni chiffrer ni supprimer : un disque débranché dans un tiroir, une cartouche en armoire, ou un dépôt verrouillé dans le temps. Tous les serveurs NAS sérieux savent aujourd’hui verrouiller un instantané — Synology avec la fonction WriteOnce de DSM, QNAP avec les instantanés verrouillés et les volumes WORM de QuTS hero, Asustor et TerraMaster avec leurs captures Btrfs — mais la fonction est presque toujours livrée désactivée.

Le « 0 » est le plus négligé et le plus rentable. Zéro erreur signifie que chaque sauvegarde a été vérifiée avant d’en avoir besoin : pas une case verte dans un journal de tâches, mais une restauration réelle — on remet des fichiers en place, on les ouvre, on chronomètre. C’est la différence entre croire et savoir.

Dernier cadrage : la sauvegarde n’est pas de la sécurité, c’est de la survie. Un EDREndpoint Detection and Response (détection et réponse sur les postes)Protection avancée des postes et serveurs qui analyse les comportements plutôt que des signatures, et peut isoler une machine en cours de chiffrement. Il réduit la probabilité d'une attaque réussie ; il ne remplace jamais la sauvegarde, qui décide de l'issue quand la détection a échoué. — Kaspersky Next EDR Optimum, Bitdefender GravityZone, ESET PROTECT, Sophos Intercept X, Microsoft Defender for Endpoint, SentinelOne Singularity ou CrowdStrike Falcon selon la taille du parc — surveille les postes, repère un comportement de chiffrement et tente de le stopper : c’est le rôle détaillé dans notre guide antivirus, EDR et XDR, et le déploiement concret d’une console est décrit dans notre guide des solutions Kaspersky. La sauvegarde, elle, intervient quand la détection a échoué : elle ne protège rien, elle rend possible le retour en arrière. Une entreprise bien équipée en détection mais sans copie hors ligne joue avec une seule vie ; l’inverse aussi.

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ChiffreExigenceMenace neutraliséeTraduction PMEModèles et outils de référence
3Trois copies : l’original + 2 sauvegardesPanne simultanée de l’original et d’une sauvegarde ; sauvegarde corrompue découverte au pire momentServeur et postes + sauvegarde locale (NAS) + sauvegarde externeVeeam Backup & Replication, Nakivo, Acronis Cyber Protect, Arcserve UDP ou Synology Active Backup for Business pour orchestrer les deux copies
2Deux supports ou technologies différentsDéfaut de série, usure identique, même faille de firmware partoutNe pas mettre les 3 copies sur trois disques identiques : mixer NAS + disque USB, ou NAS + cloudNAS Synology DS224+ / DS923+ ou QNAP TS-464 d’un côté ; disque externe Seagate Expansion, WD Elements ou SSD Samsung T7 Shield de l’autre
1Une copie hors siteIncendie, vol, surtension, dégât des eaux, local inaccessibleDisque chiffré au domicile du gérant, coffre bancaire, ou cloud chiffréDisque durci LaCie Rugged ou SSD SanDisk Extreme Portable pour les trajets ; dépôt Backblaze B2, Wasabi, OVHcloud Object Storage ou Scaleway pour le hors site
1Une copie hors ligne ou immuableRançongiciel avec droits admin qui supprime les sauvegardes connectées : 89 à 94 % des attaques les visentDisque débranché, cartouche LTO en armoire, dépôt objet verrouillé, instantané immuableSynology WriteOnce, volumes WORM de QNAP QuTS hero, verrouillage objet S3 en mode Compliance, cartouches LTO-9 lues par un HPE StoreEver ou un IBM TS2290
0Zéro erreur au test de restaurationLa sauvegarde-placebo : trois ans de voyants verts sur un dossier videChaque trimestre : restaurer réellement, chronométrer, consigner au registreAucun logiciel : un chronomètre, un registre papier et une machine de test — une tour réformée type Dell OptiPlex, HP Pro Tower 290 ou Lenovo ThinkCentre neo suffit

Retenir la logique plutôt que les chiffres : chaque niveau couvre un accident que le précédent ne couvre pas. Sauter un seul chiffre, c’est laisser un scénario entier sans réponse.

Piège n°1

RAID, OneDrive, disque USB branché : trois choses que tout le monde prend pour une sauvegarde

La plupart des entreprises qui perdent leurs données avaient une protection — elle n’était simplement pas une sauvegarde. Trois confusions expliquent presque tous les cas.

Le RAIDRedundant Array of Independent Disks (grappe redondante de disques)Regroupement de plusieurs disques vus comme un seul volume, pour continuer à travailler malgré la panne de l'un d'eux. C'est une technologie de disponibilité, pas de récupération : toute suppression ou tout chiffrement est répliqué en temps réel sur tous les disques de la grappe. est une technologie de disponibilité : continuer à travailler malgré la panne d’un disque. Ce n’est pas une technologie de récupération : il ne sait pas revenir à l’état d’hier. Suppression, corruption, chiffrement sont répliqués instantanément sur tous les disques de la grappe, parce que c’est exactement son travail. Un RAID 1, c’est un photocopieur branché en permanence sur l’original : si vous déchirez l’original, il déchire la copie au même instant. Le serveur « sécurisé en RAID 5 » d’une PME chiffré un vendredi soir, ce sont quatre disques contenant chacun un morceau des mêmes données… chiffrées quatre fois.

Même piège avec OneDrive ou Google Drive en mode synchronisation : le client de synchro ne sauvegarde pas, il reflète. Si le poste est chiffré, le cloud reçoit les versions chiffrées en quelques minutes et écrase les versions saines sur tous les postes du même dossier partagé.

Au-delà du rançongiciel, une grappe reste exposée à des pertes totales : panne du contrôleur (disques intacts mais illisibles sans contrôleur compatible : une grappe créée sur un Broadcom MegaRAID, un Dell PERC H755 ou un HPE Smart Array ne se relit pas sur n’importe quelle carte), surtension qui grille le boîtier entier, vol, incendie, et surtout l’erreur humaine pendant une reconstruction — un disque sain retiré à la place du disque défaillant, et la grappe est perdue. S’y ajoute la corruption silencieuse d’un fichier de base, recopiée à l’identique partout. Le RAID divise le risque de panne matérielle ; il ne fait rien contre la perte de données. Notre guide stockage, mémoire, SSD et HDD pose les bases côté matériel, et le détail de ce que protège réellement chaque niveau est dans notre guide RAID 0, 1, 5, 6 et 10. Le choix des disques compte autant que le niveau : les séries conçues pour tourner sans arrêt — Seagate IronWolf et IronWolf Pro, Western Digital Red Plus et Red Pro, Toshiba N300, Seagate Exos en rack — encaissent la vibration d’une grappe et les longues reconstructions, ce que des disques de bureau ne font pas.

Côté cloud grand public, les filets existent mais sont courts. OneDrive propose une restauration à un point des 30 derniers jours ; Google Drive conserve les versions 30 jours ou 100 versions ; Dropbox et Box appliquent des historiques du même ordre sur leurs offres courantes. Or les intrus restent souvent plusieurs semaines dans un réseau avant de déclencher le chiffrement : quand l’alerte tombe, la fenêtre peut être dépassée. Ajoutez le cas du compte cloud lui-même compromis, ou une suppression massive qui vide la corbeille, et le filet disparaît. Google a d’ailleurs ajouté fin 2025 une détection de rançongiciel capable de mettre la synchronisation en pause : l’aveu que le problème est réel.

Argument imparable devant une direction : Microsoft l’écrit lui-même dans son contrat de services, section 6.b, en recommandant de sauvegarder régulièrement ailleurs le contenu stocké sur ses services. Le cloud fonctionne en responsabilité partagée — l’hébergeur garantit l’infrastructure, pas vos données contre la suppression, le sabotage interne ou un rançongiciel qui passe par un compte parfaitement légitime. C’est le règlement d’un parking gardé : le gardien surveille l’enceinte, l’affiche précise que la direction décline toute responsabilité pour les objets laissés dans les véhicules. Vos e-mails sont dans le véhicule. La parade porte un nom : la sauvegarde tierce du locataire Microsoft 365 ou Google Workspace, assurée par Veeam Backup for Microsoft 365, Acronis Cyber Protect Cloud, Keepit, Dropsuite, Afi.ai ou, quand on possède déjà un boîtier, par Synology Active Backup for Microsoft 365. Le périmètre exact de ce que couvrent — et ne couvrent pas — les abonnements est détaillé dans notre guide des licences Windows et Microsoft 365.

Troisième fausse sauvegarde, la plus répandue en TPE : le disque externe branché en permanence. Monté avec une lettre de lecteur, il est vu comme un disque interne, donc chiffré comme les autres — souvent en priorité, les rançongiciels ciblant explicitement les volumes d’archives. La marque n’y change rien : Seagate Expansion, WD Elements, Toshiba Canvio Basics ou SSD Samsung T7 Shield subissent le même sort, car c’est le fait d’être monté qui les condamne, pas leur qualité. Le rayon stockage fournit les supports ; c’est la discipline du débranchement qui en fait des sauvegardes. Quatrième confusion, chez les plus avancés : la réplication temps réel vers un second site n’est pas une sauvegarde non plus. Elle sert le RTORecovery Time Objective (durée maximale d'interruption acceptée)Temps d'arrêt maximal que l'entreprise accepte avant redémarrage. Il détermine l'architecture de restauration : restaurer 2 To depuis un disque USB 3.0 prend 4 à 5 heures, les mêmes 2 To depuis le cloud sur un lien de 100 Mbit/s demandent près de deux jours. et réplique le chiffrement en trente secondes ; il faut en plus des sauvegardes versionnées avec historique.

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Fausse sauvegardePourquoi on y croitPourquoi ça échoue au jour JCe qu’il faut à la place
RAID 1 / 5 / 6 / 10« Mes données sont sur plusieurs disques »Réplique chiffrement et suppressions en temps réel ; panne du contrôleur, vol ou incendie emportent toutAjouter de vraies sauvegardes versionnées vers un autre support : Veeam, Nakivo, Acronis Cyber Protect, Arcserve UDP ou Synology Active Backup for Business
OneDrive / Drive en synchro« C’est dans le cloud, donc c’est sauvegardé »La synchro pousse les fichiers chiffrés et écrase les sains ; fenêtre de 30 jours vite dépassée ; compte piratableSauvegarde dédiée du locataire vers un stockage indépendant (Veeam Backup for Microsoft 365, Keepit, Acronis, Dropsuite) + copie hors ligne
Instantanés non immuables du NAS« Je peux revenir en arrière »L’attaquant qui a les droits admin supprime les instantanés avant de chiffrerInstantanés immuables verrouillés dans le temps — Synology WriteOnce, volumes WORM de QNAP QuTS hero — + copie sur un second équipement
Disque USB branché en permanence« J’ai un disque de sauvegarde »Monté avec une lettre de lecteur : chiffré comme un disque interne, souvent en premierRotation de 2-3 disques (Seagate Expansion, WD Elements, SSD Samsung T7 Shield ou Hiksemi T300S) : un seul branché, débranché ensuite, un toujours hors site
Copier-coller « quand on y pense »« On fait une copie de temps en temps »Perte réelle de plusieurs semaines, aucune version, oubli dès que l’activité s’accélèreTâche planifiée (Iperius Backup, Macrium Reflect, Veeam Agent, UrBackup, restic) + alerte en cas d’échec + contrôle humain hebdomadaire
Réplication temps réel vers un 2e site« Tout est copié à la seconde »Réplique aussi le chiffrement : le site B tombe 30 secondes après le site ALa réplication (Veeam Replication, Hyper-V Replica, Zerto) sert le RTO ; les sauvegardes versionnées restent indispensables
Les chiffres 2026

Ce que coûte vraiment le jour du ransomware — et ce que change une sauvegarde saine

Les rançons demandées baissent, les coûts de récupération montent, et une seule variable reste entièrement sous le contrôle de la victime : l’état de ses sauvegardes.

Le chiffre à retenir avant tous les autres : quand les sauvegardes tiennent, le coût médian de récupération tourne autour de 375 000 dollars ; quand elles ont été détruites, il grimpe à 3 millions. Un facteur huit, décidé bien avant l’attaque — le jour où l’on a choisi de laisser le disque branché ou non. Deux entreprises comparables attaquées le même jeudi : la première restaure depuis son disque hors ligne, perd deux jours d’activité et ne verse rien. La seconde découvre que son NASNetwork Attached Storage (serveur de stockage réseau)Boîtier de stockage partagé accessible par le réseau, très utilisé comme destination de sauvegarde. Bien configuré (compte dédié, instantanés immuables), il restaure en minutes ; laissé en partage ouvert avec le mot de passe admin du domaine, il est chiffré en même temps que le reste. de sauvegarde a été vidé avant le chiffrement, entre en négociation, paie l’équivalent du prix d’un appartement — sans aucune garantie de récupérer ses fichiers.

Le paysage 2026 est cohérent. Chez les victimes dont les données ont été chiffrées, 66 % ont restauré via leurs sauvegardes, douze points de plus en un an, tandis que la part de celles qui paient tombe à 48 %. La demande médiane s’effondre : 698 000 dollars, contre 1,32 million un an plus tôt et 2 millions deux ans avant. C’est un mécanisme de marché : quand deux tiers des « clients » peuvent se servir ailleurs, le vendeur baisse ses prix. Chaque entreprise qui applique le 3-2-1-1-0 sort du fichier clients des criminels.

En face, la facture réelle grimpe. Le coût moyen de récupération, hors rançon, atteint 1,7 million de dollars par incident, en hausse de 11 % : arrêt d’activité, investigation, remédiation, productivité perdue. La rançon n’est que la partie visible ; l’essentiel du coût est le temps d’arrêt. Pour un distributeur qui traite cinquante commandes par jour, deux semaines sans ERPEnterprise Resource Planning (progiciel de gestion intégré)Logiciel central qui regroupe achats, ventes, stocks, facturation et parfois comptabilité. C'est la base la plus critique d'une PME de négoce : quelques heures de saisie perdues s'y traduisent par des bons de livraison et des encaissements à reconstituer de mémoire., sans messagerie et sans historique client coûtent plus cher que dix ans d’abonnement à une solution de sauvegarde sérieuse.

Les portes d’entrée n’ont rien de spectaculaire : e-mail malveillant 26 %, hameçonnage 24 %, identifiants compromis 23 %, vulnérabilités exploitées 18 %, force brute 6 %. Trois attaques sur quatre commencent donc par une boîte mail ou un mot de passe — exactement les deux portes que referment l’authentification multifacteur et un gestionnaire d’entreprise type Bitwarden, KeePassXC ou 1Password, sujet que traite notre guide mots de passe et MFA. Le scénario type n’est pas un pirate qui « casse le pare-feu » : c’est la comptable qui ouvre une fausse facture fournisseur un dimanche soir, ou un mot de passe RDPRemote Desktop Protocol (bureau à distance Microsoft)Protocole qui permet de prendre la main sur un poste ou un serveur à distance. Exposé sur Internet avec un mot de passe faible ou réutilisé, il figure parmi les portes d'entrée favorites des rançongiciels, aux côtés du hameçonnage et des identifiants volés. réutilisé partout. Le taux de chiffrement réussi est d’ailleurs remonté à 56 %, et les structures de 100 à 250 salariés n’arrêtent l’attaque avant chiffrement que dans 34 % des cas contre 46 % pour les grandes — un parc laissé sans correctifs, comme celui que provoque la fin du support de Windows 10, élargit mécaniquement cette surface.

Deux chiffres achèvent le cadrage. D’abord, dans 94 % des attaques, les criminels tentent de compromettre les sauvegardes et réussissent dans 57 % des cas — jusqu’à 79 % dans l’énergie, mais seulement 30 % dans l’informatique et les télécoms, preuve que la préparation change tout. Ensuite, l’écart entre confiance et réalité : 90 % des organisations se disent capables de récupérer, 28 % des victimes y parviennent réellement à 100 %, la moyenne plafonnant à 72 %. Perdre 28 % de ses données, pour un négociant, c’est perdre au hasard une facture sur quatre, une fiche client sur quatre, un bon de livraison sur quatre.

L’éloignement géographique ne protège pas : l’Algérie figure au 8e rang africain avec 1 117 détections de menaces rançongiciel en 2024, derrière l’Égypte (17 849), l’Afrique du Sud (12 281) et la Tunisie (1 232), devant le Maroc (1 076). Plus de 1 100 détections en un an, c’est trois alertes par jour en moyenne — et seulement celles vues par un éditeur. Les groupes criminels ne chassent d’ailleurs plus les multinationales en priorité : trois quarts des cas traités concernent des organisations de 11 à 10 000 salariés. Un EDREndpoint Detection and Response (détection et réponse sur les postes)Protection avancée des postes et serveurs qui analyse les comportements plutôt que des signatures, et peut isoler une machine en cours de chiffrement. Il réduit la probabilité d'une attaque réussie ; il ne remplace jamais la sauvegarde, qui décide de l'issue quand la détection a échoué. — quel qu’il soit, Kaspersky, Bitdefender, ESET, Sophos ou Microsoft Defender — réduit la probabilité ; seule la sauvegarde décide de l’issue.

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94 %des attaques tentent de détruire les sauvegardes (réussite : 57 %)
×8surcoût de récupération quand les sauvegardes sont compromises
66 %des victimes chiffrées restaurent via leurs sauvegardes
28 %seulement récupèrent 100 % de leurs données, malgré 90 % de confiance déclarée

Les chiffres à citer en réunion, tous datés et sourcés

StatistiqueValeurSource (édition)
Victimes chiffrées ayant restauré via sauvegardes66 % (+12 points en un an)Sophos State of Ransomware 2026
Victimes ayant payé la rançon48 %Sophos State of Ransomware 2026
Demande de rançon médiane698 000 dollars (-65 % en 2 ans)Sophos State of Ransomware 2026
Coût moyen de récupération, hors rançon1,7 million de dollars (+11 %)Sophos State of Ransomware 2026
Attaques visant les sauvegardes94 % (réussite : 57 %)Sophos, Impact of Compromised Backups (2024)
Surcoût si les sauvegardes sont compromises×8 (médiane 3 M contre 375 k dollars)Sophos, Impact of Compromised Backups (2024)
Payeurs n’ayant jamais récupéré leurs données17 %Veeam Ransomware Trends 2025
Victimes récupérant 100 % de leurs données28 % (moyenne récupérée : 72 %)Veeam Data Trust & Resilience 2026
Part du rançongiciel dans les violations PME88 % (contre 39 % chez les grandes)Verizon DBIR 2025
Détections rançongiciel en Algérie (2024)1 117 — 8e pays africainInterpol, Africa Cyberthreat Assessment 2025, p.15
Capacité LTO livrée dans le monde en 2024176,5 exaoctets — recordLTO Program, 22 juillet 2025
Le « 1 » qui sauve

Air gap, immuabilité, bande : la copie que même un administrateur compromis ne peut pas effacer

Neuf attaques sur dix visent les dépôts de sauvegarde, mais seule une organisation sur trois utilise des dépôts immuables. C’est dans cet écart que se joue la survie d’une PME.

Deux techniques, une seule idée : mettre une copie hors de portée d’une commande de suppression. L’air gap est physique — le support n’est relié à rien : disque débranché, cartouche en armoire. L’immuabilité est logique — la copie reste en ligne mais verrouillée pour une durée fixée, personne ne pouvant l’altérer avant l’échéance, pas même le compte le plus privilégié. Neuf cambrioleurs sur dix commencent par couper l’alarme, mais seules trois maisons sur dix ont une alarme qu’on ne peut pas couper. Et pendant une attaque, le seul serveur qui survit est presque toujours celui qui était éteint : le disque de rotation débranché le jeudi soir est au rançongiciel ce que l’argent posé dans un coffre est au piratage bancaire — simplement hors d’atteinte.

Sur l’immuabilité, un détail décide de tout et n’apparaît jamais dans les argumentaires : le mode de verrouillage. Le verrouillage objet de type S3 applique un principe WORMWrite Once Read Many (écrit une fois, lu à volonté)Principe d'écriture non réinscriptible : une fois la donnée écrite, elle ne peut plus être modifiée ni effacée avant l'échéance de rétention. C'est le fondement des dépôts immuables et de l'option WORM des cartouches de bande. — écrit une fois, lu à volonté — pendant une durée de rétention. En mode Governance, des comptes privilégiés peuvent lever la protection : cela couvre l’erreur humaine, pas l’attaquant qui a volé les clés d’administration. En mode Compliance, personne ne peut supprimer ni modifier l’objet avant l’échéance, ni le compte racine du client, ni le support du fournisseur. C’est ce mode, et lui seul, qui neutralise le scénario numéro un de 2026. Trente jours de rétention en mode Compliance, c’est un recommandé déjà posté : même l’expéditeur, pièce d’identité en main, ne peut plus le reprendre au guichet. Le verrouillage objet est proposé par AWS S3, Backblaze B2, Wasabi, Azure Blob Storage, OVHcloud Object Storage et Scaleway, et par MinIO pour un dépôt auto-hébergé ; les logiciels de sauvegarde courants — Veeam, Nakivo, Acronis, Duplicati, restic, BorgBackup — savent tous l’exploiter, à condition de le configurer en mode Compliance et non par défaut.

Sur les NASNetwork Attached Storage (serveur de stockage réseau)Boîtier de stockage partagé accessible par le réseau, très utilisé comme destination de sauvegarde. Bien configuré (compte dédié, instantanés immuables), il restaure en minutes ; laissé en partage ouvert avec le mot de passe admin du domaine, il est chiffré en même temps que le reste., les constructeurs proposent des instantanés immuables : des captures verrouillées, non supprimables même par l’administrateur pendant la rétention. Synology l’appelle WriteOnce et l’applique au dossier partagé depuis DSM 7.2 ; QNAP combine instantanés verrouillés et volumes WORM sur QuTS hero ; Asustor et TerraMaster s’appuient sur les captures Btrfs de leurs systèmes maison. C’est la première ligne de défense la plus rentable, parce qu’elle restaure en minutes et non en heures. Deux réserves honnêtes : l’instantané vit sur le même boîtier que les données — il ne protège ni du vol, ni de l’incendie, ni d’une faille du micrologiciel, c’est un étage de la fusée et non la fusée ; et il faut l’activer, la fonction étant présente mais rarement configurée. Les constructeurs recommandent eux-mêmes de compléter par une copie hors site chiffrée en AESAdvanced Encryption StandardAlgorithme de chiffrement symétrique standard, utilisé en 256 bits pour protéger les copies qui sortent des murs. Un disque de sauvegarde chiffré en AES-256 et perdu ou volé reste un objet inerte — à condition de conserver la clé hors du système à restaurer.-256. Rappel utile : les vagues d’attaques visant les NAS exposés sur Internet — Qlocker et DeadBolt sur des NAS QNAP, eCh0raix sur des NAS QNAP et Synology — ont déjà chiffré des milliers de boîtiers présentés comme « de sauvegarde ». Un NAS de sauvegarde mérite d’ailleurs un vrai emplacement plutôt qu’un coin de bureau : notre guide petite salle serveurs détaille l’armoire, la ventilation et le contrôle d’accès qui vont avec.

La bande magnétique, elle, n’est pas morte, au contraire. La génération LTOLinear Tape-Open (bande magnétique standardisée)Format de bande ouvert porté par un consortium de constructeurs, encore très vivant : 176,5 exaoctets livrés dans le monde en 2024. Une cartouche LTO-10 stocke 30 To natifs et, sortie de son lecteur, devient totalement inaccessible à distance — un air gap parfait.-10, livrée depuis juin 2025, atteint 30 To natifs par cartouche (75 To compressés) à 400 Mo/s. Surtout, le format bat des records : 176,5 exaoctets livrés dans le monde en 2024, quatrième année consécutive de croissance, tirée par les géants du cloud précisément pour l’air gap natif de la bande. Un support prétendument archaïque que les hyperscalers achètent par exaoctets ne l’est pas. La LTO-9 (18 To natifs) reste championne du coût, de l’ordre de 5 dollars par téraoctet contre environ 9 pour la LTO-10 encore en tarif de lancement. Côté matériel, les références du marché sont peu nombreuses et bien identifiées : lecteurs autonomes HPE StoreEver LTO-9 Ultrium 45000, IBM TS2290 ou Dell PowerVault LTO-9 ; chargeurs et bibliothèques Quantum SuperLoader 3, Quantum Scalar i3, IBM TS4300 ou Overland-Tandberg NEOs, avec des cartouches HPE, Fujifilm ou Sony au format Ultrium. Le vrai frein n’est pas la cartouche mais le lecteur, qui se compte en milliers de dollars : la bande devient pertinente au-delà de 20 à 30 To d’archives, ou via un prestataire. Une cartouche LTO-10, de la taille d’un paquet de cartes, avale l’équivalent de soixante SSD de 512 Go — et une fois sortie du lecteur, aucun logiciel au monde ne peut la toucher.

Pour la majorité des PME algériennes, l’option la plus efficace reste la plus simple : la rotation de deux ou trois disques externes chiffrés, un seul branché à la fois, un toujours hors des murs. En pratique, on prend trois supports simples et identiques : un disque mécanique comme le Seagate Expansion 2 To, un WD Elements ou un Toshiba Canvio suffit pour des volumes bureautiques ; un SSD externe comme le Hiksemi T300S 2 To, le Samsung T7 Shield ou le SanDisk Extreme Portable divise le temps de copie par trois et supporte bien mieux les allers-retours en voiture. Investissement unique, aucune compétence particulière, air gap parfait pendant que le disque est débranché. Son unique faiblesse est humaine : le disque « temporairement » resté branché trois semaines. La parade est un registre de rotation papier, signé et daté, posé à côté de la baie. Le stockage objet immuable vient ensuite comme troisième étage, avec deux points d’attention locaux : la bande passante disponible pour restaurer, et le paiement en devises d’un abonnement mensuel.

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OptionPrincipeRésiste à un admin compromis ?Ordre de coût (2026)Pour qui, et limites
Rotation de 2-3 disques USB chiffrésAir gap physique : un seul disque branché, un toujours hors siteOui, pendant qu’il est débranchéDisques 4 à 8 To grand public, investissement unique minimeToute TPE/PME — Seagate Expansion, WD Elements, Toshiba Canvio, SSD Samsung T7 Shield ou Hiksemi T300S ; talon d’Achille : la discipline, d’où le registre de rotation
Bande LTO-9 / LTO-10Cartouche sortie du lecteur = air gap parfait ; option WORMOui : hors lecteur, rien n’est faisable à distanceEnviron 5 dollars par To en LTO-9, 9 en LTO-10 ; le lecteur coûte plusieurs milliers de dollarsAu-delà de 20-30 To ou via prestataire ; HPE StoreEver, IBM TS2290, Quantum SuperLoader 3, Dell PowerVault ; le moins cher au To, archivage 30 ans
Stockage objet immuable (type S3)WORM logiciel : objets verrouillés N jours ; en mode Compliance, même le compte racine ne supprime pasOui en mode Compliance ; non en mode GovernanceAu To par mois, plus d’éventuels frais de sortie ; aucun matérielExcellent troisième étage — AWS S3, Backblaze B2, Wasabi, Azure Blob, OVHcloud, Scaleway ou MinIO auto-hébergé ; attention au débit pour restaurer et au paiement en devises
Instantanés immuables sur NASCaptures verrouillées dans le temps, non supprimables pendant la rétentionOui contre la suppression logicielle ; non contre vol, incendie ou faille du boîtierFonction incluse dans le NASDéfense la plus rapide (restauration en minutes) : Synology WriteOnce, volumes WORM QuTS hero de QNAP, captures Btrfs Asustor ; jamais suffisante seule
Copie cloud chiffrée programméeSauvegarde versionnée poussée par un logiciel de sauvegarde, pas par un client de synchroPartiel : dépend de l’isolation des identifiants et de l’immuabilité côté fournisseurAu To par moisComplément hors site pratique — Veeam, Nakivo, Acronis, Duplicati ou restic vers un dépôt objet — à combiner avec verrouillage objet, compte dédié et MFA

Quelques références de stockage réseau disponibles chez YouShop

Un NASNetwork Attached Storage (serveur de stockage réseau)Boîtier de stockage partagé accessible par le réseau, très utilisé comme destination de sauvegarde. Bien configuré (compte dédié, instantanés immuables), il restaure en minutes ; laissé en partage ouvert avec le mot de passe admin du domaine, il est chiffré en même temps que le reste. dédié à la sauvegarde ne remplace pas la copie hors ligne : il en est le premier étage, celui qui restaure vite. Le catalogue en ligne n’est pas l’offre complète — lecteurs de bande, disques d’archivage ou dépôts immuables absents du site peuvent être fournis sur commande.

Dimensionnement

RPO et RTO : combien de données acceptez-vous de perdre, combien de temps d’être à l’arrêt ?

Deux chiffres, décidés par la direction et non par l’informatique, déterminent toute l’architecture : la fréquence des sauvegardes d’un côté, la façon de restaurer de l’autre.

Le RPORecovery Point Objective (perte de données maximale acceptée)Volume de travail que l'entreprise accepte de perdre, mesuré en remontant depuis l'incident. Il fixe la fréquence des sauvegardes : un RPO de 24 heures signifie une sauvegarde par nuit, donc jusqu'à une journée entière de saisies à refaire. répond à « jusqu’où puis-je remonter en arrière sans que ce soit grave ? ». Il fixe la fréquence : un RPO de 24 heures impose une sauvegarde par jour, un RPO d’une heure impose une sauvegarde horaire. Le RTORecovery Time Objective (durée maximale d'interruption acceptée)Temps d'arrêt maximal que l'entreprise accepte avant redémarrage. Il détermine l'architecture de restauration : restaurer 2 To depuis un disque USB 3.0 prend 4 à 5 heures, les mêmes 2 To depuis le cloud sur un lien de 100 Mbit/s demandent près de deux jours. répond à « combien de temps l’entreprise peut-elle rester à l’arrêt ? ». Il fixe l’architecture de restauration : d’où l’on restaure, sur quel lien, sur quel matériel de secours. Une PME de distribution sauvegarde chaque nuit à 22 h. L’attaque tombe un jeudi à 16 h : 18 heures de saisies disparaissent — une journée entière de bons de livraison, d’encaissements et de devis à refaire de mémoire, clients au téléphone. Si ce n’est pas acceptable, la réponse n’est pas d’espérer : c’est de passer la base de gestion à une sauvegarde horaire, ce qui ramène la perte à 60 minutes.

Le RTORecovery Time Objective (durée maximale d'interruption acceptée)Temps d'arrêt maximal que l'entreprise accepte avant redémarrage. Il détermine l'architecture de restauration : restaurer 2 To depuis un disque USB 3.0 prend 4 à 5 heures, les mêmes 2 To depuis le cloud sur un lien de 100 Mbit/s demandent près de deux jours. se calcule, il ne se souhaite pas. Restaurer 2 To depuis un disque externe USB 3.0 prend environ 4 à 5 heures dans de bonnes conditions. Les mêmes 2 To récupérés depuis un stockage cloud sur un lien de 100 Mbit/s réellement disponibles demandent près de deux jours pleins — et sur un lien plus modeste, partagé avec le reste de l’activité, plusieurs jours. C’est le calcul que personne ne fait avant de tout confier au cloud : le débit descendant devient le facteur limitant du redémarrage. Le maillon local compte tout autant : restaurer 2 To à travers un vieux switch 100 Mbit/s annule le bénéfice du NASNetwork Attached Storage (serveur de stockage réseau)Boîtier de stockage partagé accessible par le réseau, très utilisé comme destination de sauvegarde. Bien configuré (compte dédié, instantanés immuables), il restaure en minutes ; laissé en partage ouvert avec le mot de passe admin du domaine, il est chiffré en même temps que le reste., alors qu’un maillon 2,5 ou 10 Gbit/s — un Netgear GS110EMX, un TP-Link TL-SG3210XHP-M2, un Ubiquiti USW-Pro-Max ou un modèle eKit de Huawei — ramène la restauration au rythme des disques, soit une à deux heures. Nos guides switches manageables et PoE et câblage Cat 6, fibre et baie de brassage expliquent comment ne pas laisser ce maillon dater de 2012. D’où l’architecture recommandée localement : une copie rapide sur NAS pour restaurer en heures, une copie hors ligne pour les cas graves, et le cloud comme dernier filet plutôt que comme source principale.

Valeurs de référence : un système critique vise un RTO et un RPORecovery Point Objective (perte de données maximale acceptée)Volume de travail que l'entreprise accepte de perdre, mesuré en remontant depuis l'incident. Il fixe la fréquence des sauvegardes : un RPO de 24 heures signifie une sauvegarde par nuit, donc jusqu'à une journée entière de saisies à refaire. de quelques minutes ; un système important, un RTO de moins de 4 heures et un RPO de 1 à 4 heures ; un système standard, un RTO de 4 à 24 heures et un RPO de 12 à 24 heures. Le travail utile consiste à classer chaque application dans l’une de ces trois cases, avec la direction : c’est un arbitrage économique, pas un choix technique. Une base de gestion commerciale ou un ERPEnterprise Resource Planning (progiciel de gestion intégré)Logiciel central qui regroupe achats, ventes, stocks, facturation et parfois comptabilité. C'est la base la plus critique d'une PME de négoce : quelques heures de saisie perdues s'y traduisent par des bons de livraison et des encaissements à reconstituer de mémoire. ne se traite pas comme un dossier d’archives de 2019.

Trois pièges reviennent systématiquement. Le temps de décision d’abord : entre le constat du chiffrement et le lancement de la restauration s’écoule souvent une demi-journée d’hésitation et d’appels, qui fait partie du RTO réel. Le matériel de secours ensuite : restaurer suppose une machine saine où restaurer, et si le serveur est lui-même à réinstaller, ajoutez une journée. Une tour de rechange gardée montée et à jour — un Dell OptiPlex, un HP Pro Tower 290 G9, un Lenovo ThinkCentre neo 50t — fait gagner cette journée ; pour un serveur, un châssis identique ou compatible (Dell PowerEdge T360, HPE ProLiant ML30 Gen11, Lenovo ThinkSystem ST50 V3) évite en plus la chasse aux pilotes de contrôleur de disques. L’électricité enfin : une restauration de plusieurs heures interrompue par une coupure repart de zéro sur certains outils — la baie de sauvegarde et le poste de restauration doivent être secourus par un onduleur (un APC Smart-UPS SMT ou un Eaton 5P en interactif pour un poste, un Eaton 9PX ou un Vertiv Liebert en double conversion pour la baie), dimensionné selon la méthode de notre guide onduleurs : VA, watts et autonomie.

La réalité mesurée invite enfin à l’humilité : une victime sur deux met encore plus d’une semaine à récupérer complètement. Le facteur le plus discriminant est connu : avec des sauvegardes intactes, 46 % des organisations récupèrent totalement en moins de sept jours ; avec des sauvegardes compromises, 26 % seulement. Une semaine d’arrêt pour un importateur, ce sont des conteneurs au port sans qu’on puisse éditer un document, un standard qui sonne dans le vide et des salaires qui tombent quand même. Chaque jour de RTO gagné se paie avant l’attaque, dans l’architecture ; jamais pendant.

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Objectifs par criticité, version PME algérienne

SystèmeRPO cibleRTO cibleMoyen d’y arriverCe que cela évite
Gestion commerciale, ERP, facturation1 à 4 h4 hSauvegarde horaire de la base (Veeam, Nakivo, Acronis) + instantané NAS verrouillé (Synology WriteOnce, QNAP QuTS hero) + restauration chronométréeRefaire de mémoire une journée de bons de livraison et d’encaissements avant une déclaration fiscale
Comptabilité et paie24 h24 hSauvegarde nocturne + copie hors site hebdomadaireReconstituer des écritures devant le commissaire aux comptes
Fichiers bureautiques, dossiers clients24 h24 à 48 hSauvegarde nocturne versionnée — surtout pas une synchronisationPerdre les dossiers d’appels d’offres en cours
Messagerie et suite collaborative24 h48 hSauvegarde dédiée du locataire (Veeam Backup for Microsoft 365, Keepit, Acronis, Dropsuite) vers un stockage indépendantLe vide, une fois les 30 jours de rétention native dépassés
Site web et boutique en ligne24 h24 hInstantané quotidien du serveur + export de la base + copie chez un autre hébergeurQuinze jours de référencement et de commandes perdus
Archives : exercices anciens, images1 semaine à 1 mois1 semaineCopie mensuelle sur disque hors ligne ou cartouche LTO-9 (HPE StoreEver, IBM TS2290), conservée hors sitePayer une rançon pour des données qui dormaient
4-5 hpour restaurer 2 To depuis un disque externe USB 3.0
≈2 jpour les mêmes 2 To depuis le cloud sur 100 Mbit/s
18 hde saisies perdues avec une seule sauvegarde nocturne
46 / 26 %récupération complète sous 7 jours : sauvegardes intactes ou compromises
Plan type

Le calendrier 3-2-1-1-0 d’une PME de 10 à 50 postes, en une page

Sept lignes, de la tâche nocturne automatique à l’exercice annuel. Ce qui distingue les entreprises qui s’en sortent, ce n’est pas l’outil : c’est le fait que ces sept lignes existent et soient tenues.

Le plan tient sur une feuille : sauvegarde automatique chaque nuit vers un NASNetwork Attached Storage (serveur de stockage réseau)Boîtier de stockage partagé accessible par le réseau, très utilisé comme destination de sauvegarde. Bien configuré (compte dédié, instantanés immuables), il restaure en minutes ; laissé en partage ouvert avec le mot de passe admin du domaine, il est chiffré en même temps que le reste. dédié — Synology, QNAP, Asustor, peu importe la marque — instantané immuable dans la foulée, copie sur disque chiffré débranché deux à trois fois par semaine, copie hors site hebdomadaire, test léger mensuel, test complet chronométré trimestriel, exercice annuel grandeur nature. Ce qui coûte cher n’est pas d’écrire ce plan mais de ne pas l’écrire : la PME qui découvre le jour J que la personne qui « s’occupait des sauvegardes » est partie il y a huit mois, que le mot de passe de la console est dans sa boîte mail à elle, et que personne ne sait quel disque est le plus récent. Le plan sert précisément à ce que le jour J ne dépende de la mémoire de personne.

Quatre principes rendent ce plan résistant. Un : le compte de sauvegarde n’est pas le compte admin du domaine — la mesure la plus rentable de toutes. Un attaquant qui obtient l’administrateur doit encore franchir une seconde authentification pour toucher aux sauvegardes, d’où l’obligation d’activer le MFAMulti-Factor Authentication (authentification multifacteur)Second facteur exigé en plus du mot de passe : code temporaire, clé physique ou validation sur téléphone. Activée sur la console de sauvegarde et sur l'interface du NAS, elle oblige un attaquant qui a volé le compte admin à franchir une barrière supplémentaire. sur la console de sauvegarde (Veeam, Nakivo, Acronis) comme sur l’interface DSM ou QTS du NAS. Deux : la console ne s’expose jamais sur Internet, et le NAS de sauvegarde ne rend pas ses partages accessibles en écriture depuis les postes bureautiques — un partage monté en écriture depuis un poste utilisateur est chiffré comme le poste lui-même.

Trois : le chiffrement des copies hors site est obligatoire. Un disque qui sort des murs peut se perdre ou se voler ; chiffré en AESAdvanced Encryption StandardAlgorithme de chiffrement symétrique standard, utilisé en 256 bits pour protéger les copies qui sortent des murs. Un disque de sauvegarde chiffré en AES-256 et perdu ou volé reste un objet inerte — à condition de conserver la clé hors du système à restaurer.-256, il n’est plus qu’un objet inerte. Corollaire souvent oublié : la clé doit exister ailleurs que dans le système à restaurer — enveloppe scellée dans un coffre, deux personnes qui en connaissent l’existence. Perdre la clé produit exactement le même résultat que le rançongiciel. Quatre : les alertes d’échec doivent être lues par un humain. Une tâche qui échoue en silence trois semaines de suite est une sauvegarde qui n’existe plus : on désigne nominativement qui vérifie chaque matin, et un remplaçant pour les congés.

Le test de restauration est le seul chiffre du 3-2-1-1-0 qui ne s’achète pas. Moins d’un tiers des organisations se disent capables de restaurer ne serait-ce qu’un petit groupe de serveurs en une semaine, alors que les cyberattaques sont devenues la première cause d’interruption d’activité. Le rythme réaliste tient en deux lignes : test léger mensuel, test complet trimestriel depuis la copie hors ligne, chronomètre en main, comparé au RTO cible. Trente minutes par trimestre, deux heures par an — à comparer aux 1,7 million de dollars de coût moyen de récupération.

L’exercice annuel transforme enfin le plan en PRAPlan de Reprise d'ActivitéDocument qui décrit qui fait quoi, dans quel ordre et avec quels moyens pour redémarrer après un sinistre ou une cyberattaque. Sans exercice annuel grandeur nature, ce n'est qu'une intention : le jour J, les identifiants manquent et les responsabilités sont floues. réel : on simule le pire — tout le réseau chiffré un jeudi à 16 h, l’administrateur en congé — et l’on vérifie que quelqu’un sait qui appelle qui, dans quel ordre, avec quels identifiants stockés où. C’est aussi le moment de mettre à jour les volumétries : une entreprise qui a doublé son parc en deux ans sauvegarde souvent encore le périmètre de 2024 — la checklist d’équipement d’un parc sert autant à la revue annuelle qu’au premier jour. Deux sources de croissance silencieuse reviennent toujours : les archives papier passées au scanner, dont le volume explose une fois numérisées — sujet de notre guide numérisation et GED — et les enregistrements de vidéosurveillance, qui n’ont rien à faire dans la même sauvegarde que la comptabilité. Un dernier point rarement anticipé : l’électricité. Une baie de sauvegarde survit rarement à un orage sans parafoudre ni prise de terre correcte, et notre guide parafoudre, régulateur et terre explique pourquoi cette protection se place en amont de l’onduleur. Les portables qui ne se sauvegardent qu’au retour au bureau doivent être listés explicitement, et le réseau qui les accueille dimensionné pour absorber ces rafales — un point traité dans notre guide Wi-Fi : générations, portée et déploiement. Tous nos guides conseils suivent la même logique : les chiffres d’abord, la conclusion ensuite.

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Plan type pour 10 à 50 postes et 1 à 4 To de données vives

CadenceActionSupport ou destinationPoint de contrôle : le « 0 »
Chaque nuit (auto)Sauvegarde complète ou incrémentielle des serveurs et basesNAS dédié (Synology DS923+, QNAP TS-464, Asustor Lockerstor 4) piloté par Veeam, Nakivo, Acronis ou Active Backup ; compte spécifique — surtout pas l’admin du domaine — et MFA sur la consoleAlerte automatique en cas d’échec, lue chaque matin par une personne nommée
Chaque nuit (auto)Instantané immuable du volume de sauvegardeNAS, rétention verrouillée 14 à 30 jours : WriteOnce chez Synology, volume WORM QuTS hero chez QNAPVérifier une fois par semaine que les instantanés existent et sont verrouillés
2 à 3 fois / semaineCopie sur disque USB chiffré, puis DÉBRANCHEMENTRotation de 3 disques identiques — Seagate Expansion, WD Elements, SSD Samsung T7 Shield ou Hiksemi T300S : A au bureau, B en cours, C hors siteRegistre papier signé : date, disque, qui l’a sorti
Chaque semaineCopie hors siteDisque chez le gérant ou en coffre, ou dépôt cloud immuable en mode Compliance (AWS S3 Object Lock, Backblaze B2, Wasabi, OVHcloud), rétention 30 joursContrôle mensuel : taille cohérente, rétention active, identifiants dédiés et MFA
Chaque moisTest de restauration légerRestaurer 3 fichiers au hasard et 1 boîte mailFichiers réellement ouverts et lisibles ; durée notée au registre
Chaque trimestreTest de restauration complet, chronométréRestaurer un serveur entier sur machine de test — un Dell OptiPlex ou un HP Pro Tower réformé fait l’affaire — depuis la copie HORS LIGNERTO mesuré comparé au RTO cible ; tout écart donne une action corrective datée
Chaque annéeExercice « jour du ransomware » et revue du planScénario : réseau chiffré un jeudi à 16 h, administrateur en congéQui fait quoi, avec quels mots de passe conservés OÙ ; volumétries et rétentions mises à jour

Repères par gamme : trois paliers d’équipement, toutes marques confondues

PalierSituation typeSauvegarde locale : modèles de référenceCopie hors ligne et hors siteLogiciel qui orchestre
Entrée de gamme3 à 10 postes, moins de 1 To de données vives, pas d’informaticien à demeureNAS 2 baies : Synology DS224+, QNAP TS-233 ou TS-262, TerraMaster F2-424, garnis de disques prévus pour le fonctionnement continu (WD Red Plus, Seagate IronWolf)Rotation de 2 disques externes chiffrés (Seagate Expansion, WD Elements) dont un au domicile du gérantSynology Active Backup for Business, Veeam Agent, Iperius Backup ou Macrium Reflect
Milieu de gamme10 à 50 postes, 1 à 4 To, un serveur de fichiers et une base de gestionNAS 4 baies : Synology DS423+ ou DS923+, QNAP TS-464 et sa déclinaison rack TS-464U-RP, Asustor Lockerstor 4, avec des disques IronWolf Pro ou WD Red ProRotation de 3 disques dont un SSD rapide (Samsung T7 Shield, Hiksemi T300S) + dépôt objet verrouillé chez Backblaze B2, Wasabi ou OVHcloudVeeam Backup & Replication, Nakivo, Acronis Cyber Protect ou Arcserve UDP
Haut de gammePlusieurs sites, machines virtuelles, plus de 20 To d’archives, obligations de conservation longuesNAS 8 baies et plus ou serveur dédié à la sauvegarde : Synology RS1221+, QNAP TS-873A, Dell PowerEdge T360, HPE ProLiant ML30 Gen11, disques Seagate Exos ou Toshiba MGBande LTO-9 ou LTO-10 (HPE StoreEver, IBM TS2290, Quantum SuperLoader 3) + stockage objet en mode ComplianceVeeam, Veritas NetBackup, Commvault, Rubrik ou Cohesity selon la taille du parc

Ces paliers sont des repères, pas des obligations : beaucoup de PME algériennes de trente postes vivent très bien avec un palier d’entrée doublé d’une rotation de disques rigoureuse, tandis qu’un cabinet de cinq personnes qui archive des plans ou des dossiers médicaux relève déjà du palier supérieur. Les modèles cités le sont à titre de référence du marché ; ceux qui ne figurent pas au catalogue des serveurs NAS restent approvisionnables sur commande.

Ce plan couvre les cinq chiffres : 3 copies (production, NAS, disque hors site), 2 supports, 1 hors site, 1 hors ligne ou immuable, 0 erreur grâce aux tests mensuels et trimestriels.

Idées reçues

Cinq phrases entendues chaque semaine — et ce que disent les chiffres

Aucune n’est stupide : toutes reposent sur une intuition raisonnable. Toutes coûtent cher le jour où elles sont mises à l’épreuve.

« Mon serveur est en RAID, mes données sont en sécurité. »

Faux : qu’il tourne sur un contrôleur Dell PERC, HPE Smart Array ou Broadcom MegaRAID, le RAID protège la disponibilité face à la panne d’un disque, pas les données. Suppression, corruption et chiffrement sont répliqués en temps réel sur tous les disques de la grappe.

« Tout est sur OneDrive, donc tout est sauvegardé. »

Faux : une synchronisation reflète l’état du poste. Les fichiers chiffrés remontent dans le cloud et écrasent les versions saines ; la fenêtre de 30 jours est vite dépassée quand l’attaque a mûri des semaines.

« On est trop petits pour intéresser un pirate. »

Faux : le rançongiciel est présent dans 88 % des violations de données chez les PME contre 39 % chez les grandes entreprises, et trois quarts des cas de négociation concernent des organisations de 11 à 10 000 salariés.

« En dernier recours, on paiera et on récupérera tout. »

Faux : 17 % des payeurs n’ont jamais rien récupéré, 57 % des victimes récupèrent moins de la moitié de leurs données, et 69 % de celles qui ont payé ont été attaquées de nouveau.

« Les sauvegardes tournent, les voyants sont verts. »

Insuffisant : un voyant vert atteste qu’une tâche s’est exécutée, pas que les données sont restaurables. 90 % des organisations se disent capables de récupérer, 28 % des victimes y parviennent réellement.

Un dernier réflexe mérite d’être corrigé : croire que la sauvegarde est un sujet d’informaticien. C’est un sujet de direction, parce que les deux seules décisions qui comptent — combien de données perdre, combien de temps s’arrêter — sont des arbitrages économiques. La conversation type dure dix minutes : « si on perd une journée de saisie sur la gestion commerciale, ça nous coûte quoi ? » Quand le gérant répond « une journée à refaire, plus les erreurs et les clients mécontents », le RPORecovery Point Objective (perte de données maximale acceptée)Volume de travail que l'entreprise accepte de perdre, mesuré en remontant depuis l'incident. Il fixe la fréquence des sauvegardes : un RPO de 24 heures signifie une sauvegarde par nuit, donc jusqu'à une journée entière de saisies à refaire. de la base vient d’être fixé à une heure — et personne n’a eu besoin de parler technique.

Six vérifications suffisent à savoir où l’on en est, et tiennent en une matinée. Un : existe-t-il une copie des données que rien ne relie au réseau en ce moment même ? Deux : le compte qui écrit les sauvegardes est-il distinct de l’administrateur du domaine, avec MFAMulti-Factor Authentication (authentification multifacteur)Second facteur exigé en plus du mot de passe : code temporaire, clé physique ou validation sur téléphone. Activée sur la console de sauvegarde et sur l'interface du NAS, elle oblige un attaquant qui a volé le compte admin à franchir une barrière supplémentaire. ? Trois : à quand remonte la dernière restauration réellement effectuée, et combien de temps a-t-elle pris ? Quatre : quelle perte maximale a été acceptée par application, écrite noir sur blanc et validée par la direction ? Cinq : où se trouvent les clés de chiffrement et les mots de passe nécessaires à une restauration, si le système d’information est indisponible ? Six : qui lit les alertes d’échec, et qui le remplace pendant ses congés ?

Une entreprise qui répond aux six a franchi l’essentiel du chemin, quel que soit son outil. Une entreprise qui bute sur une seule connaît désormais son point de rupture — c’est déjà beaucoup plus que la moyenne. Et l’ordre des priorités ne varie pas : d’abord la copie hors ligne, ensuite le test de restauration, ensuite seulement le choix des logiciels et du matériel. La technologie ne manque nulle part ; ce sont ces deux habitudes qui manquent presque partout. Un dernier détail matériel, souvent bloquant : la machine de test de restauration n’a pas besoin d’être neuve — un poste réformé remis à niveau suffit, et notre guide portable, fixe, mini-PC ou tout-en-un aide à choisir celui qu’on garde en réserve plutôt qu’on revend.

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Lexique

Les sigles de ce guide, expliqués

De quoi lire n’importe quelle fiche technique sans rien laisser passer.

RAID
Redundant Array of Independent Disks (grappe redondante de disques)Regroupement de plusieurs disques vus comme un seul volume, pour continuer à travailler malgré la panne de l'un d'eux. C'est une technologie de disponibilité, pas de récupération : toute suppression ou tout chiffrement est répliqué en temps réel sur tous les disques de la grappe.
NAS
Network Attached Storage (serveur de stockage réseau)Boîtier de stockage partagé accessible par le réseau, très utilisé comme destination de sauvegarde. Bien configuré (compte dédié, instantanés immuables), il restaure en minutes ; laissé en partage ouvert avec le mot de passe admin du domaine, il est chiffré en même temps que le reste.
EDR
Endpoint Detection and Response (détection et réponse sur les postes)Protection avancée des postes et serveurs qui analyse les comportements plutôt que des signatures, et peut isoler une machine en cours de chiffrement. Il réduit la probabilité d'une attaque réussie ; il ne remplace jamais la sauvegarde, qui décide de l'issue quand la détection a échoué.
LTO
Linear Tape-Open (bande magnétique standardisée)Format de bande ouvert porté par un consortium de constructeurs, encore très vivant : 176,5 exaoctets livrés dans le monde en 2024. Une cartouche LTO-10 stocke 30 To natifs et, sortie de son lecteur, devient totalement inaccessible à distance — un air gap parfait.
RTO
Recovery Time Objective (durée maximale d'interruption acceptée)Temps d'arrêt maximal que l'entreprise accepte avant redémarrage. Il détermine l'architecture de restauration : restaurer 2 To depuis un disque USB 3.0 prend 4 à 5 heures, les mêmes 2 To depuis le cloud sur un lien de 100 Mbit/s demandent près de deux jours.
ERP
Enterprise Resource Planning (progiciel de gestion intégré)Logiciel central qui regroupe achats, ventes, stocks, facturation et parfois comptabilité. C'est la base la plus critique d'une PME de négoce : quelques heures de saisie perdues s'y traduisent par des bons de livraison et des encaissements à reconstituer de mémoire.
RDP
Remote Desktop Protocol (bureau à distance Microsoft)Protocole qui permet de prendre la main sur un poste ou un serveur à distance. Exposé sur Internet avec un mot de passe faible ou réutilisé, il figure parmi les portes d'entrée favorites des rançongiciels, aux côtés du hameçonnage et des identifiants volés.
WORM
Write Once Read Many (écrit une fois, lu à volonté)Principe d'écriture non réinscriptible : une fois la donnée écrite, elle ne peut plus être modifiée ni effacée avant l'échéance de rétention. C'est le fondement des dépôts immuables et de l'option WORM des cartouches de bande.
AES
Advanced Encryption StandardAlgorithme de chiffrement symétrique standard, utilisé en 256 bits pour protéger les copies qui sortent des murs. Un disque de sauvegarde chiffré en AES-256 et perdu ou volé reste un objet inerte — à condition de conserver la clé hors du système à restaurer.
MFA
Multi-Factor Authentication (authentification multifacteur)Second facteur exigé en plus du mot de passe : code temporaire, clé physique ou validation sur téléphone. Activée sur la console de sauvegarde et sur l'interface du NAS, elle oblige un attaquant qui a volé le compte admin à franchir une barrière supplémentaire.
RPO
Recovery Point Objective (perte de données maximale acceptée)Volume de travail que l'entreprise accepte de perdre, mesuré en remontant depuis l'incident. Il fixe la fréquence des sauvegardes : un RPO de 24 heures signifie une sauvegarde par nuit, donc jusqu'à une journée entière de saisies à refaire.
PRA
Plan de Reprise d'ActivitéDocument qui décrit qui fait quoi, dans quel ordre et avec quels moyens pour redémarrer après un sinistre ou une cyberattaque. Sans exercice annuel grandeur nature, ce n'est qu'une intention : le jour J, les identifiants manquent et les responsabilités sont floues.
FAQ

Vos questions sur la sauvegarde, en clair

Les questions que les dirigeants et les responsables informatiques posent réellement — et les réponses courtes.

Mon serveur est en RAID 5 : pourquoi ce n’est pas une sauvegarde ?

Parce que le RAID réplique tout, y compris le mauvais. Une suppression, une corruption ou un chiffrement par rançongiciel est reproduit instantanément sur tous les disques de la grappe. Le RAID permet de continuer à travailler malgré la panne d’un disque ; il ne sait pas revenir à l’état d’hier. Il faut donc, en plus, des sauvegardes versionnées sur un autre support.

J’ai OneDrive ou Google Drive : mes fichiers sont bien sauvegardés, non ?

Non. Un client de synchronisation reflète l’état de votre poste : si les fichiers sont chiffrés localement, les versions chiffrées remontent en quelques minutes et écrasent les saines sur tous les postes partageant le dossier. Les 30 jours d’historique sont souvent dépassés, les intrus restant des semaines dans le réseau avant de déclencher le chiffrement. Microsoft recommande d’ailleurs explicitement, dans son contrat de services, de sauvegarder ailleurs le contenu stocké chez lui.

Qu’est-ce qu’une sauvegarde immuable, très concrètement ?

Une copie verrouillée pour une durée définie : pendant cette période, personne ne peut la modifier ni la supprimer, pas même le compte le plus privilégié. Concrètement, cela s’appelle WriteOnce chez Synology, volume WORM sur QuTS hero chez QNAP, Object Lock chez AWS S3, Backblaze B2 ou Wasabi. Attention au mode : en Governance, un compte privilégié peut lever la protection, ce qui couvre l’erreur humaine mais pas un attaquant ayant volé les identifiants d’administration. Seul le mode Compliance résiste vraiment.

Un disque externe branché en permanence sur le serveur, ça suffit ?

Non, et c’est l’un des cas les plus fréquents de sauvegarde perdue. Monté avec une lettre de lecteur, le disque est vu comme un disque interne : le rançongiciel le chiffre comme les autres, souvent en priorité. La parade coûte un ou deux disques de plus — Seagate Expansion, WD Elements, Toshiba Canvio ou un SSD Samsung T7 Shield feront aussi bien l’affaire l’un que l’autre : une rotation, un seul branché à la fois, débranché dès la sauvegarde terminée, et toujours un exemplaire hors des murs.

À quelle fréquence faut-il tester une restauration ?

Test léger chaque mois : restaurer trois fichiers au hasard et une boîte mail, les ouvrir, noter la durée. Test complet chaque trimestre : restaurer un serveur entier sur une machine de test, depuis la copie hors ligne, chronomètre en main, puis comparer au RTO cible. Une case « tâche terminée avec succès » n’est pas un test : elle prouve que le logiciel a tourné, pas que les données sont lisibles.

Combien de temps faut-il pour restaurer 2 To depuis le cloud ?

Près de deux jours pleins sur un lien de 100 Mbit/s réellement disponibles, contre 4 à 5 heures depuis un disque externe USB 3.0 local. C’est le calcul décisif avant de faire du cloud sa source principale de restauration : le débit descendant devient le facteur limitant du redémarrage. L’architecture qui marche associe une copie locale rapide et le cloud comme filet de dernier recours.

Combien de temps conserver les sauvegardes ?

Un minimum de 14 à 30 jours de rétention verrouillée pour les copies immuables, parce qu’une attaque peut mûrir plusieurs semaines avant de se déclencher : une rétention de 7 jours ne couvre pas ce délai. Pour les données comptables et fiscales, ajoutez des copies mensuelles et annuelles conservées hors ligne, sur la durée légale d’archivage applicable à votre activité.

Mon antivirus ou mon EDR ne suffit-il pas à me protéger ?

Ils réduisent fortement la probabilité, pas la conséquence. Le taux de chiffrement réussi est remonté à 56 % des attaques, et les structures de 100 à 250 salariés n’arrêtent l’intrusion avant chiffrement que dans 34 % des cas. Détection et sauvegarde répondent à deux questions différentes : l’EDR essaie d’empêcher, la sauvegarde permet de revenir en arrière quand la détection a échoué. Aucune ne remplace l’autre.

Une TPE de cinq personnes doit-elle vraiment faire tout cela ?

Une version allégée suffit, et elle coûte peu : une sauvegarde automatique quotidienne vers un stockage réseau — un NAS 2 baies type Synology DS224+ ou QNAP TS-233 avec Active Backup ou Iperius — une rotation de deux disques chiffrés dont un reste hors des murs, et un test de restauration trimestriel de trente minutes. Ce qui compte n’est pas la taille de l’entreprise mais celle de la perte : une TPE qui perd son fichier clients et sa facturation ne rouvre pas toujours.

Faut-il payer la rançon si l’on n’a pas de sauvegarde ?

Les chiffres invitent à ne compter sur rien : 17 % des payeurs n’ont jamais récupéré leurs données, la majorité des victimes en récupère moins de la moitié, et 69 % de celles qui ont payé ont été attaquées de nouveau. Sans sauvegarde, la victime n’a par ailleurs aucun levier de négociation et paie en moyenne la quasi-totalité de la somme demandée. La seule réponse utile se prend avant l’attaque, pas pendant.

Où conserver les mots de passe nécessaires à la restauration ?

Jamais uniquement dans le système à restaurer : messagerie, coffre-fort de mots de passe hébergé sur le serveur ou fichier partagé seront indisponibles au pire moment. La pratique éprouvée est une copie hors ligne — enveloppe scellée dans un coffre, avec au moins deux personnes qui en connaissent l’existence. Cela vaut aussi pour les clés de chiffrement des disques hors site : les perdre produit exactement le même résultat que le rançongiciel.

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